BIOGRAPHIE 

Hanen Marouani

 

Chercheure en langue et littérature françaises,  poètesse.

Tout ira bien… Éditions Le Lys Bleu, Paris 2021

Vainement, je chante (recueil traduit de l’arbe au fançais par Hanen Marouani) Éditions L’Harmattan, Paris, 2020

Le sourire mouillé de pleurs, L’Harmattan, Paris, 2020

Le soleil de nuit, Alyssa édtion&diffusion, Tunis, 2020

Les Profondeurs de l’Invisible, Edilivre, Paris, 2019

 

Participation dans l’anthologie bilingue italien-français Sur la route de la poésie et de la lumière, Rome, AGA et Paris, L’Harmattan 2019

Hanen Marouani est tunisienne résidente entre l’Italie et la France. Elle est docteure en littératures françaises et francophones.

Elle consacre ses recherches à la question du discours rapporté dans de divers contextes littéraires et sociaux après avoir soutenu une thèse de doctorat sur le discours rapporté dans les récits d’Albert Camus. Approche énonciative. De même, elle s’intéresse dans ses recherches à la situation de la femme par rapport à l’énonciation comme affirmation ou effacement dans la société. Elle est auteure de quatre recueils de poésie et traductrice. Elle a suivi et suit encore des formations dans l’art et la culture italienne à l’Institut de Leonardo da Vinci de Milan. Elle est sur le point de finir une formation pédagogique à l’université de Rouen par la coordination de l’OIF. Elle a participé à beaucoup de colloques, de festivals de poésie et d’évènements culturels nationaux et internationaux. De même, elle a passé des stages d’études et des séjours dans le travail associatif dans de divers pays comme la France, l’Italie, la Roumanie et le Maghreb.   

Elle était lauréate en 2018 du programme des bourses de recherche offert par le gouvernement roumain et assuré par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

Tout ira bien !

BIBLIOGRAPHIE 

1/ Qui êtes-vous Hanen, une âme en quête d’émotion, une poétesse décalée, une amoureuse des mots, une terrienne avec l’esprit dans la lune, autre ?

 

Une âme en quête d’émotion, peut-être oui et peut-être non. C’est plutôt une manière d’exprimer cette émotion que je sens m’envahir et ça me trouble de ne pas pouvoir lui donner un corps ou une vie.  Ces émotions m’habitent et par la suite ils habitent mes mots. C’est une dialectique poétique ou une espèce de dualité essentielle et vitale. Une poétesse décalée, je ne peux opter pour cette qualification et je trouve même que mon expérience est encore insuffisante pour pouvoir vraiment décider à propos de cette majestueuse qualification. J’écris. J’aime écrire. Donc je suis plutôt une amoureuse et passionnée des mots et des émotions et surtout que je viens d’un domaine littéraire.  J’opte aussi pour une terrienne avec l’esprit dans la lune parce que je suis rêveuse, ambitieuse et je veux toujours pousser au-delà des limites du possible. Cela n’empêche pas de dire que les astres m’inspirent et je n’en ai déjà parlé dans mes recueils Le soleil de nuit édité par Alyssa édition et diffusion et Le sourire mouillé de pleurs aux éditions L’Harmattan et même dans le dernier qui est à peine sorti ces jours-ci et que je lui ai choisi le titre de « Tout ira bien…. ». On trouve beaucoup de textes qui reposent sur les astres et en termes plus précis la lune, le soleil et les étoiles. Il y a cette fuite d’émotion qu’on essaie de récupérer et de rattraper, peut-être, par le biais de l’écriture. Je suis en quête, en conquête, en découverte (…) par les mots et dans les mots.

2/ À quel âge avez-vous écrit votre premier poème et pourquoi avez-vous choisi la poésie pour vous exprimer  ?

 

On va dire à quel âge j’ai dit ou j’ai prononcé mon premier poème dans l’improvisation et sans aucune projection. Je pense que la poésie a commencé avec moi sous forme orale plutôt qu’écrite depuis que j’étais une petite enfant. Et ce que j’étais en train de dire, parfois ou souvent par hasard à cette époque-là, était plus précoce par rapport à mon âge. Ceci n’a pas cessé d’attirer l’attention à mon égard et il a également suscité même des réactions : mais « qu’est-ce qu’elle dit celle-là ? », « elle lui vient d’où cette éloquence », « On ne comprend pas, mais c’est beau »… et puis j’ai commencé à penser à enregistrer ces paroles et ces phrases pour les préserver, les écrire et les soigner après sur une feuille ou un papier. Par cette technique, j’ai eu le temps de modifier et de rajuster. Mon premier poème était noté sur l’un des cahiers de souvenirs de l’un de mes camarades de classe. On avait un rituel au collège ou au lycée de laisser un petit mot sur un cahier très bien entretenu et très beau qui a ce joli nom « cahier de souvenirs » à la fin de chaque année. Et c’était à ce moment-là que mes premiers textes soignés ont eu approximativement la forme, le rythme, la charge émotive et la prosodie des poèmes. Mais ce que j’ai fait au début mes rédactions, des pensées dites comme ça à l’improviste, des ressentis exprimés d’une manière décalée… c’est un peu le cas de mon rapport à la poésie. Mais pour un poème complet, fini, redéfini, travaillé et retravaillé en entier comme je vous ai déjà signalé, avec une certaine conscience c’est à l’âge de dix-huit ans voire plus tard quand j’ai choisi la langue, la civilisation et la littérature françaises comme spécialité à l’université, j’ai eu l’occasion d’étudier la poésie dans les cours de la littérature française. Ma tentative de vouloir publier un peu tard était une manière de préserver les manuscrits ou mes premiers vers ou mes premières lignes que j’ai écrits et laissés de côté depuis des années. Une manière de donner vie à l’archive oubliée ou à des mots délaissés.  De même, il faut beaucoup de courage pour faire un premier pas vers la publication, car la publication est aussi un dévoilement, une exposition d’une certaine intimité et le fait de décider de mettre cette intimité universelle bien entendu, mais aussi personnelle à la disposition des autres demande beaucoup de courage et d’audace. En plus, j’ai reçu beaucoup de messages de la part des personnes soi-disant connaisseurs dans le domaine de la culture qui m’ont dit qu’ils attendaient plutôt un roman, car ils ne lisaient pas la poésie. Bon une manière de me reprocher le fait d’écrire dans le genre poétique ou une manière d’illustrer que le roman en tant que genre est beaucoup plus lu et demandé que la poésie. Selon les statistiques et les chiffres, cela est vrai, mais il faut aussi dire que la poésie est une forme de » liberté et que le fait de reprocher à quelqu’un le genre dans lequel il écrit c’est implicitement glisser une privation de liberté. On n’impose jamais aux gens le genre dans lequel ils veulent s’exprimer ou écrire. Et pour répondre à votre question, la poésie était un hasard, une coïncidence plus qu’un choix. Je ne sais pas où cette aventure va mener exactement, mais le plus important est de ne jamais cesser de s’exprimer et c’est encore important de dire qu’il y a une sorte de reconsidération de l’art poétique par rapport à la vie beaucoup plus qu’à la rentabilité. La poésie aide à vivre dans tous ses états. Je pense que les prix littéraires ont tenu compte de l’importance de la poésie.

 

3/ Naviguer entre liaison et déliaison, qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Je pense que c’est ce va-et-vient entre le passé et le présent comme il peut aussi se manifester par un état de rupture, d’intertextualité ou de continuité dans le sens de l’adoption. Il va dans la même perspective le cas de l’inspiration, interréactivité et l’innovation. Et pour se reconstruire, il est modifiable d’une personne à une autre d’exprimer sa révolte ou révolution. Ça peut être également la table rase. J’aime beaucoup cette expression qui montre que le passé peut être mis à l’épreuve du temps pour finalement décider de tout reconstruire et aller de l’avant. Ça demande beaucoup de force. Une expression qui ne nie pas aussi l’héritage peu importe son appartenance ou ses origines. Il est le cas d’une mise au point sur une façon de voir et de revoir un processus ou un cheminement dans la vie ou dans la pensée, dans l’intime personnel et l’intime universel. J’aime puiser dans le quotidien, dans le détail présent ou passé, dans les instantanés, dans les énigmes humaines qui ne sont pas toujours saisissables ou tangibles. J’aime tisser des liens entre avant et après, entre ici et là, entre hier, aujourd’hui et demain, entre les deux rives de la Méditerranée, entre l’orient et l’occident, entre les différences dans leur ample et multiple sens afin de trouver une quelconque ressemblance. De même, ces liens ou liaisons peuvent donner un fil conducteur ou source d’inspiration pour faire naître un texte, des textes, un livre, un recueil… et on ne sait encore quoi d’autre.

 

4/ Peut-on trouver un avenir meilleur grâce à la poésie, si oui, pour quelles raisons ?

 

Bien sûr, il faut toujours espérer et garder espoir. Sinon, on ne peut continuer à vivre même dans les pires moments vécus et imposés. Pour un avenir meilleur est un titre que j’ai donné à un texte de mon premier recueil Les Profondeurs de l’Invisible. Il m’est vraiment très cher ce ouvrage-là. De même, il est l’objet et le sujet de plusieurs nouveaux projets qui sont en cours de réalisation et qui se focalisent principalement sur des traductions en d’autres langues comme l’italien, l’anglais et l’arabe et aussi un projet de transcription en braille.

 

Absolument. Je pense que cette année écoulée était une année qui a prouvé que la poésie en tant que genre ne suffit pas, mais c’est plutôt la vision poétique du monde qui est d’une importance existentielle sans égale.

 

5/ Tremper l’expression poétisée dans des couleurs de l’amour, de l’humanité, de l’humilité et de la spiritualité, qu’est-ce que cela révèle, bien évidemment votre recueil « Le sourire mouillé de pleurs », mais encore  ?

 

J’aime beaucoup cette phrase qui appartient à Antonia Gravina :

 

« Vis toujours avec cette conscience de n’être inférieure à personne, mais aussi avec l’humilité de ne te savoir supérieure à personne » et je pense qu’elle peut répondre à votre question dans le choix des deux mots humanité et humilité. On ne peut pas dire qu’on est humain ou humaniste quand on se laisse faire par l’ego d’où vient déjà cette orientation de l’humilité qui nécessite un long et dur travail au quotidien et surtout que ce travail doit rejoindre dans sa réalisation et cheminement à de vraies convictions et croyances. De même, la spiritualité et les valeurs humaines sont d’ordre spirituel et moral bien entendu qui se forgent, se stimulent et s’imposent de la manière la plus authentique possible quand le travail sur soi est sur la bonne voie. Par mes écrits et poèmes sur les engagements, contre les injustices et sur les valeurs humanistes auxquelles je crois et qui m’ont été transmises depuis que j’étais petite, je veux être une tisseuse de liens et une passeuse d’alertes dans la vie.

Je veux en toute simplicité et humilité, apporter ma contribution et un peu de mon énergie pour montrer que le visage d’humanité est omniprésent et encore plus important qu’autre temps à notre monde qui a plus besoin de ponts pour la rencontre et l’amitié entre les peuples, que de murs qui excluent, divisent et sèment la haine et la terreur.

 

6/ Que fait votre recueil « Le sourire mouillé de pleurs », il caresse, exhorte, met en lumière, interroge ?

 

Il fait les quatre à la fois ….Peut-être le titre paraît-il triste, mais c’est une tristesse légitime et constructive. Par ailleurs, elle dépasse l’interprétation d’un chagrin d’amour ou d’un échec personnel pour décrire les ressentis profonds déclenchés devant tout ce qui se passe sous nos yeux et je laisse les lecteurs découvrir le contenu et peut-être ça donnera une autre lecture, mais ça console quand on se sent perdu entre deux univers et ça pointe de doigt une accentuation des inégalités et des injustices.

 

7/ Quelles étaient vos intentions majeures lors de son écriture ?

 

Franchement, je n’ai pas eu des intentions majeures bien précises, mais c’était une forme de liberté et de nécessité de vouloir dire des choses et de m’exprimer à ma façon en essayant de me concilier, peut-être, avec l’enfant que j’étais et avec les enfants intérieurs en chacun de nous toutes et tous.

 

 

8/ Dans ce Monde, que l’on peut qualifier de violent et dans lequel, les échanges entre les gens sont de plus en plus virtuels, que peut apporter la poésie qu’aucun autre art ou aucune autre discipline littéraire ne peut apporter  ?

 

L’essentiel et l’authentique.

 

 

9/ Où se trouvent, selon vous, les profondeurs de l’invisible, dans chacun de nous, dans le collectif, dans ce mot si générique qu’est le mot « Humanité », dans l’inconnu que représente pour chacun de nous « le reste à vivre »  ? Pourquoi ce titre  ?

 

Tout ce que vous venez de citer est valable et possible à adopter et même il me donne à voir autrement et à y penser plus profondément et c’est peut-être ça le vrai sens des profondeurs de l’invisible. Ces profondeurs qui peuvent être repérées au quotidien d’une manière individualiste, égoïste, injuste qui peuvent empêcher de voir leur vrai visage et leur vraie importance et utilité sur nos êtres et même leur effet permettant de déclencher, d’inciter d’aller de l’avant pour découvrir, se découvrir et œuvrer le monde en osant d’autres pistes encore méconnues et inconnues. Il faut aller au-delà de ce qui est vu et perçu à l’œil nu, au-delà des mots et au-delà des maux aussi. C’est un dépassement des frontières au premier sens ou figuré ou même philosophique de cette expression choisie comme titre pour mon premier ouvrage.  Le titre a été choisi pour mon premier recueil publié à la maison d’édition parisienne Edilivre qui est en cours de traduction en trois autres langues : l’arabe, l’italien et l’anglais avec une nouvelle mise en page et quelques nouvelles modifications. Il est mon premier livre-enfant et je veux bien le gâter encore plus. Et c’était porteur d’une expressivité qui ne peut qu’être à l’image de mes ressentis et de mon état d’esprit et d’âme aussi. Les textes ont fait de bonnes révélations sur le titre aussi.

 

 

10/ « Nous tentons, pour ne pas finir comme des grenouilles ébouillantées. “Tout est possible devient une philosophie de vie.” Cette phrase est de vous. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qu’elle recèle ?

 

Toute l’importance d’une expérience humaine et existentielle est dans l’essai et dans la tentative sinon on va rester immobile sans aucune évolution ou sans aucun changement et sans traces non plus. C’est-à-dire si nous ne tentons pas, nous n’évoluons pas. Dans l’expression, il y a aussi l’idée de la réussite comme l’idée de l’échec. L’échec n’est pas vraiment un échec. Il faut en être conscients et pourtant il y a la volonté de continuer et d’aller de l’avant. Il faut savoir tirer la bonne morale et la bonne leçon de chaque étape de vie.  C’est l’apprentissage qui compte et nous est vraiment utile après.  Les leçons ne s’apprennent convenablement et effacement que par les erreurs et c’est aussi une illustration de se reconnaître et de s’auto-évaluer à travers de ce cheminement de comment se relever et comment garder cette flamme pour continuer. Tout ça empêche et nous fait éviter de finir comme des grenouilles ébouillantées. Cette métaphore de la grenouille est très récurrente surtout en ces temps-ci et donc c’est notre côté humain qui doit monter à la surface et faire face devant toute contrainte pour dépasser les limites du possible.

 

 

11/ De votre 1er recueil au dernier, qu’est-ce qui a changé, vos mots, votre sensibilité, votre regard, votre technique, vos intentions ?

 

J’ai essayé de m’évoluer au niveau de la ponctuation et vous savez l’utilité au niveau de l’expressivité de la ponctuation dans un poème que ce soit par sa présence abondante ou absence totale. Des points de suspension peuvent servir à dire beaucoup et composer un poème en entier. Le passage de l’interrogation à la suspension est aussi révélateur de sens.  Un autre aspect qui me paraît important à signaler surtout entre le premier recueil et le deuxième Le Soleil de Nuit est “le bricolage bracylogique” d’après l’expression d’une docteure ès Lettres françaises Ines Hamed et chercheuse en littérature française qui a trop travaillé sur ce concept et qui m’a permis par ses remarques importantes et intéressantes d’avoir l’occasion de découvrir mon style encore plus de m’orienter avec ses critiques vers ma façon de voir les choses et le monde qui nous entourent d’une manière variable et encore influençable par tout ce que nous apprenons lors des colloques et des échanges avec des spécialistes dans le domaine de la stylistique et l’énonciation. Le jeu sur les sonorités, sur les mots, sur les figures de style et sur les temps employés comme notes de définitif ou de brutalité.

 

 

12/ La poésie semble ne plus être au gout du jour en ce qui concerne les lecteurs. Un sondage effectué en décembre sur Internet (Odexa pour le SNE ) la plaçait même avant dernière, devant les œuvres théâtrales avec seulement 4 % de lecteurs. Qu’est-ce que cela vous inspire et avez-vous un message à passer aux lecteurs ?

 

 

Oui, j’ai bien vu ce sondage et c’est vraiment triste. Mais je pense qu’il y a vraiment un retour à la poésie non seulement en tant que genre littéraire, mais en tant qu’une raison de vivre, une manière de résistance et de traces. Nous avons bien remarqué que 2020 l’année de la pandémie était aussi l’année de la poésie. Il y a plusieurs distinctions et des prix qui ont été attribuées à des poètes particulièrement à des poétesses comme Prix Nobel de la Littérature 2020 qui a été décerné à la poétesse américaine Louise Gluck pour “sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle” comme a annoncé l’Académie suédoise lors de la remise du prix et ce qui prouve aussi que la poésie en tant genre à toute sa place dans le monde et dans l’Humanité même à travers une expérience individuelle.

 

13/ Hanen, êtes-vous une lectrice assidue ? Si oui, quels sont les auteur(e)s que vous lisez ?

 

Une lectrice assidue, il faut bien l’être quand on est dans le domaine de la recherche littéraire. J’ai travaillé une thèse sur Albert Camus donc j’ai eu l’occasion et la chance de découvrir en mieux cet auteur à multiples casquettes, mais cela n’empêche pas de dire que je lis d’autres auteur(e)s français et francophones comme Ahmed Mahfoudh qui est un romancier tunisien d’expression française dont le style est vraiment spécial et représentatif de notre tunisianité, la tunisianité qu’on aime voir et qui nous manque. De même, je lis les romans Leila Slimani vu je travaille souvent sur ses textes par rapport à la situation de la femme surtout au Maghreb ou la femme entre deux univers : l’étrangère. Le style de Kamel Daoud m’intéresse beaucoup. Un coup de cœur aussi pour Philippe Sollers. Je lis également pour le poète italien et francophone Giovanni Dotoli. J’étais influencée tout au long de mon parcours non seulement par les figures de la poésie française comme Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Jacques Prévert etc, mais aussi par des poètes arabes comme Abou El Kacem Chebbi poète tunisien, Gibrane Khalil Gibrane poète libanais et Mahmoud Darwich, poète palestinien. Je lis actuellement et je m’en sers dans mes recherches également les textes de Tahar Bekri et de Hédi Bouraoui. J’étais lauréate, en 2018-2019 d’une bourse d’un programme universitaire qui s’appelle programme Eugène Ionesco et qui a été assuré par l’Agence Universitarie de la Francophone (AUF). Ce programme qui a choisi de porter le nom de ce dramaturge et auteur donné a suscité mon intérêt et m’a poussée à découvrir profondément les écrits de cet homme de lettres et en passant un séjour de trois mois en Roumanie.  J’essaie de découvrir de les jeunes et les nouvelles plumes, des livres primés à titre d’exemple L’Anomalie (Prix Goncourt 2020) d’Hervé Le Tellier, Les Impatientes (Prix Goncourt des Lycées 2020),

de Djaîli Amadou Amal, Brûler, Brûler, Brûler de Lisette Lombé (Prix des Grenades 2020) etc et je suis ouverte à toute nouveauté, mais cela n’empêche de dire que je lis aussi des actualités variées, des livres sur les arts, la mode, la bande dessinée etc.

SANS-VOIX

 

À tes côtés, les mots se noient et se baignent dans une brume souriante

Ils se nourrissent à travers le frémissement de nos voix troublantes

Au plaisir de sentir une âme bercée sur la soie et emportée par l’émotion en attente

Ils s’envolent vers un ciel où je perçois ton souffle sur ma tête térébrante

Des voix en ligne de mire dans l’océan charmé par une danse errante

Il manque d’être submergé par l’émotion suave contre vents et marées mais filante

Sur la pointe de nos pieds, il y a un mot qui se presse et se veut l’héritier d’une rencontre consolante

Le silence s’associe à l’espérance pour pousser les limites du possible et s’adonner à l’hypnose envoûtante

Des paroles qu’on retient pour les donner après aux sans-voix,

Aux sans-abris et sans-toits partout dans le monde

On passe d’un « je » et d’un « tu » à un « nous » qui compte.

 

LA TRAJECTOIRE GLACÉE

 

On perd les horizons de notre île

Les yeux s’accrochent bien aux cils

Toute couleur devient décolorée

Toute douleur ressemble à la mer glacée

L’âme cesse de contempler

Les jours et les arrêts

Les corps cessent de trembler

Devant les aubes enlacées

Le plaisir est éphémère comme tout instantané

Et chaque départ fait mal comme la fin d’un été.

 

14/ Avez-vous un projet en cours ? Si oui, pouvez-vous, svp, nous en toucher deux mots  ?

 

Comme j’ai pu signaler au début de cette interview, mon nouveau recueil qui s’intitule Tout ira bien…vient d’être mis en ligne. Il est presque prêt pour une sortie à Paris aux éditions Le Lys Bleu. Je viens de finir la traduction d’un recueil de l’arabe au français qui vient de sortir en cette quinzaine de janvier et qui s’intitule Vainement, je chante par la maison d’édition parisienne L’Harmattan. De même, je prépare un recueil de nouvelles et des traductions de mes recueils précédents et d’autres poèmes en trois langues : L’arabe, l’anglais et l’italien. Il y a aussi une prochaine parution de deux de mes textes sur le thème de la mort dans une anthologie africaine qui va paraître aux éditions Présence africaine à Paris avec la participation de plusieurs poètes et auteurs de l’Afrique noire.  Je peux ajouter une collaboration interartistique entre peinture et poésie avec le talentueux peintre français Dominique Meunier :

 

https://www.dominique-meunier.com/

 

De même, j’ai presque une dizaine de poèmes écrits en arabe qui ont été publiés dans un ouvrage du poète palestinien Mohmed Bakria intitulé “L’hiver de l’étranger” qui vient de sortir au Moyen-Orient. J’ai d’autres pistes sur lesquelles je compte construire un projet avec une certaine particularité, mais je n’en dirai pas plus. Un autre mot que je veux bien ajouter à la fin de cette interview, pour les publications, je ne m’y attendais pas franchement de la sorte. Je suis vraiment reconnaissante envers toute personne de près ou de loin qui m’a encouragée et qui a cru en moi. Et que l’aventure poétique continue!

Je vous remercie de cette occasion que m’avez offerte pour me découvrir avec vous et grâce à vous. Toute ma reconnaissance et tous mes encouragements pour cette belle initiative au profit de la culture d’une manière générale et au profit de la poésie d’une manière particulière.