GEORGES FEYDEAU

1862-1921

Georges Feydeau

Un souffle de légèreté !

par Marie-Virginie Speller

Un remède a la morosité ambiante !

Il nous quittait il y a cent ans déjà, mais reste omniprésent dans nos salles de spectacles et nous amuse toujours autant. Certains affirment qu’il aurait même influencé des séries américaines de type sitcoms.


Ses pièces à l’humour grinçant, avec des portes qui ne cessent de claquer, des répliques qui amusent, des intriguent fines et des histoires qui surprennent par leur dénouement toujours plus rocambolesque sont la source de nos éclats de rire au théâtre.

 

Bernard Murat termine sa préface, dans Feydeau Théâtre (Omnibus), « Allez, bonne lecture, amusez-vous bien ! Ce qui laisse présager le ton des écrits de Feydeau.


Henry Gidel, dans sa biographie dédiée au dramaturge qu’il qualifie de « Mozart du Vaudeville », nous parle d’un enfant turbulent qui se passionne pour la comédie vers l’âge de six ou sept ans. Georges affirme à l’issue d’une représentation théâtrale où sa gouvernante l’avait amené : « Que jouait-on ? Je l’ai oublié. Mais je revins enthousiasmé. J’étais touché. Le mal était entré en moi. » Dès lors, le théâtre ne le quittera plus jamais.

 

Le jeune Georges baigne dans un milieu littéraire depuis sa plus tendre enfance. Son père, Ernest Feydeau, était un ami proche de Gustave Flaubert et il a entretenu avec ce dernier une longue correspondance.

 

Les comédies si drôles de Feydeau sont en réalité des tragédies pour les personnages qui semblent, malgré eux, en proie à une malédiction. Ils sont chacun soumis à un destin inéluctable et doivent jongler avec les pires scénarios possibles. Des quiproquos invraisemblables s’invitent également à la fête rendant les situations comiques, cocasses et burlesques.

 

Il donne au spectateur, sans avoir « un fil à la patte », « une puce à l’oreille » pour trouver le meilleur remède à la morosité. Pour contrer les contrariétés ou les désagréments, ne pourrait- on pas aussi reprendre les mots d’une certaine Hortense et simplement crier « Je m’en fous ! » ?

Et pour terminer, on ne fait pas dodo avec Feydeau, mais on se réveille et surtout on rit !

 

Bibliographie – Pour en savoir plus
Feydeau d’Henry Gidel, Flammarion
Georges Feydeau, ce méconnu d’Arlette shenkan, Robert Davies

Feydeau, pièces, Omnibus
Feydeau, pièces courtes monologues et vaudevilles, Omnibus

Georges Feydeau, né à Paris 9e le 8 décembre 1821 et mort à Rueil-Malmaison le 5 juin 1921.

C'est un auteur dramatique célèbre pour ses nombreux vaudevilles et sa faculté à mettre en scène des situations cocasses.

 

Fils du romancier réaliste Ernest Feydeau, il grandit dans un milieu artistique et commence à écrire ses premiers récits dès l'âge de sept ans.
Très tôt, Georges Feydeau abandonne ses études pour se consacrer entièrement au théâtre, d'abord comme comédien, puis comme auteur de monologues.
En 1876, il crée le Cercle des Castagnettes, une compagnie d'amateurs qui lui permet de jouer ses propres textes.


Il connaît son premier succès avec "Tailleur pour dames" créé en 1886 au Théâtre de la Renaissance.


Les pièces vont se succéder toujours avec le même enthousiasme du public : 

"Monsieur chasse", en 1892, "Champignol malgré lui" et "Un fil à la patte" en 1894.

A partir de 1905, les écrits de Feydeau deviennent plus classiques et ses comédies de moeurs sont plus proches du milieu bourgeois : 

"La puce à l'oreille" (1907), "Feu la mère de Madame" (1908).


Atteint de syphilis, Feydeau est interné en 1919 dans une maison de santé à Rueil-Malmaison. Il y meurt le 5 juin 1921.
Les deux dernières pièces de Feydeau sont : Mais n'te promène donc pas toute nue ! et " Cent millions qui tombent" (inachevée).

 

Cent ans et pas une ride !