« Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis.»                        

                                       Edgar Allan Poe

Préambule !
Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe est né le 19 janvier 1809 à Boston et mort à Baltimore le 7 octobre 1849. 

 

Poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur, il reste l'une des principales figures du romantisme américain. Connu surtout pour ses contes — genre dont la brièveté lui permet de mettre en valeur sa théorie de l'effet, suivant laquelle tous les éléments du texte doivent concourir à la réalisation d'un effet unique — il a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme l’inventeur du roman policier. Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique.

 

L'influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l'ensemble du Monde, non seulement sur la littérature, mais également sur d'autres domaines artistiques tels le cinéma et la musique, ou encore dans des domaines scientifiques. Bien qu'auteur américain, il a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. La critique contemporaine le situe parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du xixe siècle. (Source Wikipédia)

 

Avant-propos... 

 

Voilà un auteur incroyable et, si j'ose m'exprimer ainsi, un cas d'école fort intéressant pour tous les auteur(e)s émergeants et ce, à plusieurs titres.

 

Tout d'abord parce que, comme bon nombre d'auteurs devenus ensuite célèbres, il a essuyé de nombreux revers et ses débuts ont été plutôt placés sous le signe du rejet et de la difficulté à trouver sa place. Mais Poe se savait riche de sa plume mais également d'une détermination sans faille à imposer son style et sa vision singulière d'une littérature anglo-saxone. 

 

Ce que je trouve remarquable chez Poe, c'est sa faculté à servir le OQQQC et faire d'un mot, d'un seul mot, le maillon d'une intrigue. Lors de mes ateliers d'écriture, je constate très souvent la rapidité avec laquelle de nombreux auteurs en herbe se perdent dans des descriptions inutlies ou fantaisistes, la création de personnages ou d'évènements inutiles dont le seul effet sera de faire perdre le fil au lecteur.

 

Avec Poe, le O du Où prend tout son sens !

Avec Poe, le Q du Qui, du Quoi et du Quand prend tout son sens !

Avec Poe, Le C du comment, aussi !

 

Ainsi, un évènement mineur ou encore, un meuble, un petit détail ou un personnage de prime abord plus que secondaire tissent de concert les ressentis, les émotions, les attentes ou les interrogations que Poe a décidé de nous présenter pour créer, quelques pages plus loin,  cet ultime instant, ce point culminant que les scénaristes ont su capter pour le cinéma et que l'on nomme Le Climax où, toute cette sucession d'informations distillées au gré des pages prend soudainement tout son sens. En ce point, il est aisé d'identifer combien Edgar Allan Poe a pu inspirer d'autres auteurs et tous les scénaristes de polars, de thrillers et autres films d'actions ou à grand suspens.

 

Mais, le talent d'Edgar Allan Poe ne se résume pas à cela. Il est le champion par définition du texte court, efficace. Il est le père d'une autre littérature avec un style propre qui se détache aisément de ses contemporains par sa singularité et la force qu'il sait donner aux mots. Il donne à la forme, la même force qu'au fond lui-même jusqu'à ce que les deux se confondent , sans fioritures, sans ambages inutiles ou superflus. 

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Des débuts litteraires difficiles... 

 

Entre 1821 et 1825, Edgar Allan Poe fréquente les meilleures écoles privées de Richmond, où il reçoit l'éducation traditionnelle des gentlemen virginiens. Il est inscrit à l'English Classical School de John H. Clarke (1821-1822), qui lui fait lire Ovide, Virgile et César, puis Homère, Horace et le De Officiis de Cicéron, puis il fréquente le collège William Burke (1823-mars 1825) et l'école du Dr Ray Thomas et de son épouse.

 

À cette époque, il écrit ses premiers vers satiriques, tous perdus aujourd'hui, excepté O Tempora! O Mores! Par ailleurs, il est très influencé par l'œuvre et le personnage de Lord Byron. Il est plutôt bon élève.

 

En juin ou juillet 1824, il nage six ou sept miles le long de la James River, tandis que son maître suit sur un bateau. Du 26 au 28 octobre 1824, lors de son voyage aux États-Unis, le général La Fayette visite Richmond. Les volontaires juniors de la ville participent aux cérémonies organisées pour lui souhaiter la bienvenue ; Edgar est lieutenant des volontaires.

 

Le 14 février 1826, il entre à la nouvelle université de Virginie, à Charlottesville13, que vient de fonder Jefferson (elle a ouvert ses portes le 7 mars 1825), où il suit avec brio des cours de langues ancienne et moderne. Mais M. Allan lui a donné juste assez d'argent pour s'inscrire. Excédé par les dettes de jeu et les frais courants d'Edgar, qui s'élèvent à 2 000 dollars, alors qu'il vient de passer avec succès ses premiers examens, John Allan refuse de le réinscrire et le ramène à Richmond en décembre 1826 pour l'employer dans sa maison de commerce. 

 

Comme son beau-père refuse de le renvoyer à l'université, il quitte sa famille adoptive, probablement le 24 mars 1827, et s'embarque sous le nom d'Henri Le Rennet sur un bateau qui descend la James River jusqu'à Norfolk.

 

Arrivé à Boston en avril, il espère survivre en publiant ses poèmes. Il y passe deux mois, comme acteur ou soldat, on l'ignore.

 

Le 26 mai, sous le nom d'Edgar A. Perry (pseudonyme qu'il réutilisera pour signer certains contes), après s'être vieilli de quatre ans, il s'engage pour cinq ans comme artilleur de seconde classe dans l'armée fédérale. À la même époque, il fait paraître à ses frais, chez Calvin F.S. Thomas à Boston, une mince plaquette anonyme Tamerlan et autres poèmes sur laquelle est inscrit « A Bostonian » et dont 50 exemplaires à peine sont vendus. Il n'en existe aujourd'hui que 12 exemplaires.

 

Décembre 1829, revenu à Baltimore, Poe fait paraître un second recueil de poèmes, Al Aaraaf, Tamerlan et poèmes mineurs chez Hatch and Dunning.

 

Juin 1830, Edgar est admis à West Point. Il y fait de brillantes études et se montre plus apte aux disciplines académiques que pour les exercices militaires. 

 

De retour à Baltimore, chez Maria Clemm, il recherche vainement un emploi. Ses articles et ses contes sont tous refusés. Enfin, il envoie cinq nouvelles au concours du Philadelphia Saturday Courrier, qui promet au gagnant un prix de 100 dollars. Il n'obtient pas le prix, mais ses contes (notamment Metzengerstein) sont publiés, sans son nom, en 1832 par le Saturday Courrier (qui les paie très mal).

 

il commence sa carrière de journaliste. Dans l'indigence, il pratique aussi le métier de pigiste nègre et continue son travail d'écrivain, consacrant ses loisirs et ses maigres revenus à l'éducation de sa petite cousine Virginia.

 

1831, il fait paraître chez Elam Bliss à New York Poèmes, seconde édition, dédié au « corps des cadets des États-Unis » et précédé du premier manifeste critique d'Edgar, la Lettre à M… (reprise par la suite sous le titre Lettre à B…), qui bénéficie d'un accueil peu favorable.

 

1833, le New England refuse de publier son premier recueil : Contes du club de l'In-Folio. En revanche, en octobre, il gagne le 1er prix du concours du Baltimore Saturday Visiter avec le Manuscrit trouvé dans une bouteille, qui lui apporte une certaine notoriété et l'amitié de John P. Kennedy, membre du jury et célèbre romancier. Grâce à ses recommandations, il peut publier ses premiers comptes rendus de critique littéraire au Southern Literary Messenger.

 

Août 1835, il est enfin engagé par Thomas W. White comme directeur de la section littéraire du journal. Toutefois, il n'est pas libre : il doit se conformer au programme de la revue, qui soutient la littérature sudiste, et satisfaire l'admiration infantile de T. W. White pour les discours des gentlemen virginiens. La griffe d'Edgar apparaît dans ses nombreux pamphlets contre les romanciers populaires (du Nord) de l'époque. Il s'attaque notamment au best-seller de Theodore Fay, Norman Leslie, coqueluche de New York et des journaux nordistes tels le Knickerbocker, le Commercial Intelligencer ou la North American Review. Son talent de polémiste éclate, et il rénove l'esprit du Southern. Ses opérations médiatiques, comme la série : « Autobiographies pastiches de lettres d'écrivains », font monter le nombre d'abonnés au journal.

 

1837, Poe s'installe à New York, où la New York Review lui a fait une proposition. Mais le journal a cessé de paraître quand il arrive. Mrs Clemm ouvre une pension à Manhattan, où Edgar s'installe avec Virginia. Il y achève Les Aventures d'Arthur Gordon Pym et y révise Les Contes de l'In-Folio.

 

1838, il se fixe à Philadelphie pour reprendre ses activités régulières de journaliste appointé. Il tente d'y vivre de sa plume, mais ses quelques piges ne le sortent pas de la misère. La même année paraissent Les Aventures d'Arthur Gordon Pym, qui n'ont aucun succès.

 

Juin 1839, William Burton offre à Edgar la place de rédacteur en chef adjoint au Burton's Gentleman's Magazine. Leur collaboration permet au Gent's Mag, qui publie La Chute de la maison Usher, Le Diable dans le beffroi et William Wilson, de devenir le mensuel le plus en vue de Philadelphie.

 

1840, La publication en volume des Contes du grotesque et de l'arabesque n'obtient qu'un succès d'estime. Poe entreprend la publication en livraisons successives d'un roman de l'Ouest, Le Journal de Julius Rodman, médiocre fiction restée inachevée et pleine d'emprunts aux journaux de voyage contemporains. En juin, il quitte Burton pour fonder le Pen Magazine, revue littéraire dont il serait le seul maître. Il fait circuler des tracts aux plus grandes célébrités littéraires américaines, mais le projet échoue lorsque le commanditaire, George Graham, se retire. En octobre, Graham, qui possède le Saturday Evening Post et le mensuel Casket achète pour 3 500 dollars le Burton's Gentleman's Magazine (qui compte alors 3 500 abonnés) et le rebaptise Graham's Gentleman's Magazine. Dans le premier numéro paraît le conte L'homme des foules.

 

Juin 1841, Edgar est engagé comme rédacteur associé par son ami George Graham. Il touche un salaire annuel de 800 dollars. Pour la première fois, il jouit d'une réelle indépendance. La plupart de ses grands articles et l'essentiel de son œuvre critique ont paru dans les pages du Graham's Magazine. C'est également la période la plus heureuse de sa vie. Il poursuit ses attaques contre les « cliques » et les « coteries » de New York et de Boston, qui dictent leur loi aux éditeurs et aux journalistes des grands centres urbains. Le tirage de la revue passe à 25 000 exemplaires, chiffre exceptionnel pour l'époque.

 

Le 6 mars 1842, Poe rencontre Charles Dickens, en tournée aux États-Unis, avec lequel il discute de l'instauration d'un copyright international. Dickens lui promet de lui trouver un éditeur en Angleterre. En mai, Edgar quitte le Graham's Magazine, repris par le projet de fonder sa propre revue, baptisée cette fois The Stylus.

 

Le 28 janvier 1845, il publie Le Corbeau, qui a un succès extraordinaire. Paru dans l'Evening Mirror, le poème est repris dans de nombreux journaux. Sa renommée grandit. Une sélection de ses contes paraît chez les prestigieux éditeurs Wiley et Putnam à New York, puis un recueil de poèmes, Le Corbeau et autres poèmes en novembre 1845.

 

Edgar Poe laisse derrière lui, une production littéraire importante. A ses poèmes,contes et nouvelles viennent s'ajouter  deux romans,des essais, des critiques littéraires et une abondante correspondance. Une partie importante de ses contes et poèmes ont été traduits en français par Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé. D'une très grande qualité littéraire, ces traductions comportent cependant quelques erreurs et libertés par rapport à l'original, parfois graves pour la compréhension de la pensée de Poe. Si les poèmes ont pu faire l'objet de retraductions, le rôle joué par Baudelaire dans la célébrité de Poe en Europe empêche tout travail en ce sens, et seuls les textes qu'il a laissés de côté ont fait l'objet de traductions plus récentes.