Ah, les zombies ! 

Ah les zombies ! Ces créatures qui nous permettent d’assouvir notre instinct destructeur sans culpabilité ! Ils ressemblent à des humains mais ne sont plus des êtres. On peut leur arracher un bras, leur exploser le crâne en toute impunité avec les « bravo » de la foule. Un procédé moralement acceptable pour nos jeux du cirque modernes. Car depuis un bon bout de temps, il ne s’agit plus de se faire peur mais de trouver un exutoire à l’angoisse qui imprègne toute les couches de la société dans le monde dit développé en nous donnant un sentiment de contrôle. D’où cet engouement pour les zombies dans les séries tv.

Je n’ai jamais été fan de zombies. Sauf pour le clip Thriller et exception faite pour le délicieux et rigolo « Shaun of the Dead ». Regarder des cadavres en décomposition se trainer en grognant de façon indistincte était loin d’être mon idée d’une soirée réussie. Mais quand cet OVNI est apparu, je me suis sentie happée. Soyons honnête, ça m’est tombé dessus. C’était un après-midi où je n’avais rien à faire, j’avais l’habitude de regarder sur une plateforme Néozélandaise dont je tairai le nom, des séries Made in Us inédites en France. Ce jour-là j’ai fait une erreur en cliquant sur la mauvaise image. Celle d’un homme débrayé à la tête d’un peloton de personnes partageant son sens primaire de la mode. Lorsque l’épisode commence, je comprends que je me suis trompée. Un homme, Rick Grimes se réveille dans un hôpital et c’est le chaos autour de lui. Quand il rentre chez lui sa femme n’a pas trop l’air heureuse de le voir. J’ai envie de savoir ce qui va se passer. C’est tout le principe de « the Walking dead ». Happening et anticipation.

 

Ah les zombies ! Ces créatures qui nous permettent d’assouvir notre instinct destructeur sans culpabilité ! Ils ressemblent à des humains mais ne sont plus des êtres. On peut leur arracher un bras, leur exploser le crâne en toute impunité avec les « bravo » de la foule. Un procédé moralement acceptable pour nos jeux du cirque modernes. Car depuis un bon bout de temps, il ne s’agit plus de se faire peur mais de trouver un exutoire à l’angoisse qui imprègne toute les couches de la société dans le monde dit développé en nous donnant un sentiment de contrôle. D’où cet engouement pour les zombies dans les séries tv.

 

Je n’ai jamais été fan de zombies. Sauf pour le clip Thriller et exception faite pour le délicieux et rigolo « Shaun of the Dead ». Regarder des cadavres en décomposition se trainer en grognant de façon indistincte était loin d’être mon idée d’une soirée réussie. Mais quand cet OVNI est apparu, je me suis sentie happée. Soyons honnête, ça m’est tombé dessus. C’était un après-midi où je n’avais rien à faire, j’avais l’habitude de regarder sur une plateforme Néozélandaise dont je tairai le nom, des séries Made in Us inédites en France. Ce jour-là j’ai fait une erreur en cliquant sur la mauvaise image. Celle d’un homme débrayé à la tête d’un peloton de personnes partageant son sens primaire de la mode. Lorsque l’épisode commence, je comprends que je me suis trompée. Un homme, Rick Grimes se réveille dans un hôpital et c’est le chaos autour de lui. Quand il rentre chez lui sa femme n’a pas trop l’air heureuse de le voir. J’ai envie de savoir ce qui va se passer. C’est tout le principe de « the Walking dead ». Happening et anticipation.

Je vais donc vous parler du joyau des séries de Zombies, le Game of Thrones de la zombie tv culture « The Walking dead » (le mort en marche) de retour pour une ultime seconde partie., celle de la 10èmè saison. 10 ans ! Il y a des enfants qui sont parvenu à l’âge ingrat depuis que « The Walking dead » a commencé.

« « The Walking dead » provient d’une série de comics (BD) américains en noir et blanc écrite par Robert Kirkman et mise en image par Charlie Adlard, publiée pour le premier numéro en 2003. C’est sur cette fan-base que les créateurs de la série vont s’appuyer. Créée à l’écran par Frank Darabont et Robert Kirkman pour AMC, le premier épisode fut diffusé le 31 octobre 2010. A renfort de tweets et de discussions sur les réseaux sociaux, les fans vont contribuer à faire vivre la série hors du petit écran.   A tel point qu’une émission de télé sera consacrée au décryptage de chaque épisode, « Talking dead » qui en est à sa dixième année.

Le synopsys est simple. Rick Grimes adjoint du shérif de son comté se réveille après un coma de plusieurs semaines, alors que sa ville est ravagée par un virus inconnu qui transforme les humains en morts-vivants. Pour mettre à l’abris sa famille, il décide de quitter la ville. Il devra se battre contre les zombies, mais plus dangereux encore, contre les humains survivants à l’affut de tout ce qu’ils peuvent voler. Comment s’en tireront-ils dans un monde sans foi ni loi ?

Pour son adaptation sur l’écran l’équipe a tablé sur nos sens. Cette série est bâtie sur un principe artistique novateur bien que vieux de près de quarante ans, l’installation. Elle va titiller tous nos sens pour nous inviter à vivre une expérience qui nous engage au-delà de la passivité.

 

La vue.

Elle a une esthétique très particulière. Un visuel-signature, carte d’identité de la série fondé sur une réalisation au scalpel. Le visuel est très efficace. On use de l’habituel filtre de fin du monde, kit du look dystopique. Les couleurs sont délavées, les ciel gris. Le nuancier de la série célèbre les tonalités, rouille, béton et herbes folles. Par moment, la chlorophylle (le couleur verte) exulte, histoire de nous donner une bouffée d’oxygène.

 

L’odorat.

Mais dans un monde où circulent des cadavres en décomposition, les héros.oïnes sont sales, parfois maculés.ées du sang des zombies. Ils portent les mêmes tenues pendant des semaines et n’utilisent l’eau que pour boire tant qu’ils ne sont pas installés. « The walking dead » est une série qui sent.

 

L’ouïe.

La musique du générique, une sorte de boléro crescendo, instrumente une montée d’adrénaline mâtinée d’anxiété, elle donne le ton à chaque épisode, on sait et on s’y attend quelque chose va arriver d’inattendu. La musique crée par Bear Mc Creary est atmosphérique et mélange orchestre organique et orchestre électronique, c’est un portail vibratoire menant à un autre univers. Il a conçu l’habillage sonore très sombre de toute la série.  Il y a aussi ce moment magique où la fille de Rick chante a capella un morceau de Tom Waits « Hold On », dans un univers sombre et reclus, alors que rodent les zombies, un enfant vient de naître, une belle bouffée d’oxygène

https://www.youtube.com/watch?v=re7hFjdW8ho

 

Le gout.

Il est question de nourriture. Le plaisir que vont éprouver les héros quand ils trouvent du chocolat, ou des pêches au sirop. Quand en voyons un croquer dans une pomme ou renifler une tomate mûre à souhait. Nous connaissons ce goût et nous célébrons avec eux la joie que procurent ces petits plaisirs que nous prenons pour acquis.

 

Le toucher( ?)

Pour ma part c’est pendant les combats que ce sens est en éveil. Quand Negan saisit sa Lucie sa batte de base-ball, quand Daryl empoigne son arbalète ou que Michonne joue du katana. Ou lorsqu’un zombie surgit d’on ne sait où et attaque. Les poings se crispent et on est prêt à en découdre.

 

« The Walking Dead » parle à peine de zombies, Ils sont un prétexte pour expliquer l’Exode, voire un accessoire pour l’exercice du pouvoir. The Walking Dead est un miroir qui nous est tendu. Elle pose la question de la nature humaine. Est-ce que l’humain ne découvre sa vraie nature que dans l’adversité ? L’humain est-il un loup pour l’humain ? La fin justifie-t-elle les moyens ? De la philo mais tranquille, au calme sur son canapé. On se retrouve souvent à se demander ce qu’on aurait fait dans telle ou telle situation. Elle la réponse surprend parfais. J’ai découvert que j’avais un fond de cruauté assez effrayant. Et que par moment je manquais d’empathie au point de verser du côté des vilains. Flippant !

Le rôle des femmes est assez inusuel à la télé. Elles sont fortes, ce sont des leaders et elles ne poussent pas des cris d’horreur quand il faut défoncer la tête d’un zombie. Ce sont des guerrières surtout la magnifique Michonne, incarnée par la charismatique Danai Guira, dont la silhouette est très identifiable : Longue tresses, bandeau, Katana en bandoulière trainant deux zombies dépourvus de bras et de mâchoire avec elle. Une figure muette, ou presque, à la présence impressionnante. Bref les femmes sont des dures à cuire. Ce qui ne les empêchent pas d’être mères ou d’avoir cette stature protectrice de gardiennes du foyer associée au statut de femme. Comme Carole Peletier, interprétée par l’incroyable Melissa Mc Bride, femme d’âge mûr vivant sous la coupe d’un époux abusif et qui se révèle au fur et à mesure, amazone impitoyable et redoutable. Entre Carole et  Daryl se crée un lien fort et indestructible.

 

En parlant de Daryl justement, dans la première saison, les hommes ont le dessus, Tarzans protecteurs, ils font jouer leurs biscottos pour charcuter du zombie à tour de bras. Un personnage cependant sort du lot très vite. Et ce personnage n’existe pas dans la BD. Daryl Dixon a été créé spécialement pour celui qui l’incarne. Le magnétique Norman Reedus. Venu au casting pour interpréter un personnage il n’est pas retenu, mais sa présence es si intense que la production décide de créer un personnage pour lui. ET ce personnage est depuis devenu l’emblème de « The Walking dead ». Daryl est un redneck qui au début fleure bon le moonshine et la méthamphétamine. Il est soumis à son frère suprémaciste blanc (un personne très sympathique donc !). C’est un taiseux, pendant masculin de Michonne, il se ballade avec une arbalète en bandoulière dont il use efficacement. Au fur et à mesure des épisodes on constate qu’il est l’élément sûr de la communauté, celui qui agit avec sagesse et toujours pour le plus grand bien de tous. On ne pourrait imaginer les séries sans Daryl, et surtout sans l’incroyable Norman Reedus. Je remarque aussi l’incroyable progression d’Eugène Porter remarquablement interpréter pare Josh Mc Dermitt. La série est  pour ce personnage au départ peu faible un rien lâche et opportuniste une initiation qui lui permet de toucher à l’essence même de son humanité et de découvrir sa place et sa valeur au sein de la communauté.

J’apprécie la diversité des personnages, d’ethnicité d’âges et de classes sociales différents. Les méchants ne sont pas toujours où on le pense et nos héros ne sont pas des saints.es. Les personnages sont complexes et habités par le doute. Les choix de conscience sont nombreux et la notion de sacrifice prend un sens plus profond, quasi religieux. En ce sens que si la loi du talion peut s’avérer indispensable en cas de survie, si elle est appliquée de façon systématique que reste-t-il de notre humanité ? Quelles sont les valeurs que nous souhaitons transmettre aux générations à venir ? J’ai dans l’idée que placée dans un tel contexte je ne serai pas forcément la personne décente que je pense être. Qu’est-ce qui fait une famille ? Une société ? Et à quel prix peut-on la conserver ?

 

Rick fait figure de patriarche. Il même se tribu sur les chemins à la recherche d’une terre promesse, le sanctuaire. Avec la promesse que tout retournera dans l’ordre et que le virus sera vaincu. Il ira comme Abraham jusqu’à risquer la vie de son fils. Les références judéo chrétienne sont très présents. Avec un pasteur qui interroge sa foi et un agnostique mystique. Rick à la 7èmè saison découvre introduit par Jésus (eh oui et il n’est pas mexicain) une place qu’on appelle le Royaume dont le roi Ezéchiel a pour animal de compagnie une tigresse géante Shiva. Le Royaume propose la vision d’un Eden de fin du monde dans lequel tout le monde vit en bonne harmonie...

 

Alors que dans les premières saisons il est question de survie et de la recherche d’un sanctuaire, et de trouver un remède au virus pour retrouver une vie normale, au fur et à mesure des saisons, les choses évoluent et la vie devient précieuse au présent. D’une vision de la vie judéo-chrétienne fondée sur le mérite et le sacrifice personnel (stature christique de Rick) assortis d’une notion morale rigide du bien et d mal, on bascule vers un monde bouddhiste dans lequel le paradis se vit au présent et où chacun.ne se construit en jouant de son ombre et de sa lumière pour le bien de tous (sagesse et résilience de Daryl, évolution de Michonne et d’Eugène pour ne citer qu’eux) .

L’avant dernière saison explore avec sagesse la notion d’animalité. Est-ce donc forcément une tendance maléfique ? Car après tout nous sommes des animaux.

 

Ce sera la dernière saison. Nous devons nous apprêter à saluer les héros de cette belle aventure humaine. AMC a déjà lancé un sequel (un dérivé) il y a eu « Fear the Walking Dead » que j’aime moins.  Et maintenant, the Walking Dead a World Beyond, 20 ans après les originaux, une version qui s’adresse particulièrement aux adolescents. Qui parle de l’après apocalypse. Et qui selon moi perd toute sa portée philosophique et se rapproche davantage du Hunger Game...Mais elle ne fait que commencer…