Sandra Canivet Da Costa

Auteure et Editrice

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I N T E R V I E W

P R E A M B U L E   !

 

Comme des millions de Français (estimés entre 2 à 3 millions), je suis d'origine portugaise et vous n'apprendrez sans doute pas que, bien que discrets, nous sommes très fiers et souvent revendicatifs de nos racines ! Sans doute en connaissez-vous dans votre entourage : un voisin, une belle-sœur, un ami, un collègue et tous ont un patriotisme commun alors que bien souvent, ils sont nés en France, ce qui laisse parfois quelques Français perplexes !

 

Née à Paris en 1979, mes parents portugais m'ont toujours enseignée que le Portugal était un grand pays mais qui traversait une mauvaise passe. Enfant passionnée d'histoire, je tentais de lire en langue portugaise des livres pour enfants racontant le passé glorieux de ce tout petit pays qui a vu naître mes parents. Mais mon portugais n'était pas excellent et loin d'être littéraire ! Lors de mes études dans une Grande École de Commerce française, l’opportunité s’est présentée de partir à Lisbonne en tant qu’étudiante ERAMUS et je ne l’ai pas laissée passer ! Cette expérience à Lisbonne fut une véritable redécouverte de mon pays d’origine ! Mais gérante d'une petite entreprise, rien ne me prédestinait à écrire !

L'extraordinaire Histoire du Portugal

Et le réseau traditionnel de librairies.

 

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1/ Sandra, vous êtes l’auteure et l’éditrice du livre illustré «L’extraordinaire histoire du Portugal », Mais qu’est-ce donc que ce livre, un rêve d’enfance réalisé, une aventure, elle aussi extraordinaire, un outil pédagogique indispensable, la réponse à un besoin, à un manque ou tout à la fois ?

 

Ce n’est pas un rêve ! Mais la réponse à l’un de mes besoins ! En 2007, j’épouse un Français Ch’ti et donne naissance à deux garçons.

Il est régulier avec mon mari, même après 14 années de mariage, de nous taquiner car je me sens si portugaise !!!!  Et parfois c'est la guéguerre : cela amuse beaucoup les enfants qui comptent les points ...

En 2017, pour Noël, j’entreprends de leur trouver un livre en français retraçant l’histoire du Portugal mais les seuls adaptés à leur âge étaient en portugais ou en anglais, à mon grand étonnement RIEN n’existait en français et mes enfants, comme beaucoup de luso-descendants ne parlent pas ou mal portugais.

Alors je l'ai écrit ! Mais pour nous tous : les portugais francophones, jeunes ou vieux, les parents, les enfants, les papis, les mamies ... Pour les Français connectés au Portugal : nombreux sont ceux qui ont de la famille, des voisins, des collègues, des amis portugais !

 

2/ A quel type de lecteur s’adresse ce livre ?  Quels sont les points originaux, singuliers de ce livre ?

 

Mon objectif et ma cible est la descendance portugaise vivant dans les pays francophones mais aussi les Français qui s’intéressent à notre pays et y vivent ! L’idée était également que le livre puisse être lu aussi bien par un enfant de 10 ans qu’une mamie de la génération immigrante portugaise dont le français n’est pas la langue maternelle et ce, sans dictionnaire ! Son originalité repose sur les deux petits personnages portugais Ruben et Matilde, l’un né en France et l’autre au Luxembourg. Ces derniers commentent l’histoire avec l’œil de leur pays de naissance, ils expriment leurs sentiments sur les gloires et les travers de l’histoire.

 

3/ Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous devenue auteure et éditrice en même temps ?

 

La première raison était une raison de timing : le défi était de réaliser l’ouvrage en 7 mois donc je n’avais absolument pas le temps de démarcher les maison éditions.

La deuxième était culturelle. Je ne suis ni écrivain, ni éditeur et je ne voulais pas me frotter à des interlocuteurs qui n’étaient pas de mon milieu professionnel par souci d’indépendance, un tempérament qui me caractérise.

 

 

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4/ Sandra, est-ce qu’écrire, illustrer et en plus éditer un livre comme celui-ci est un exercice facile ?

 

Ce n’est pas facile mais ce n’est pas compliqué non plus ! J’ai eu la chance d’être bien entourée : Joao Serrano est un jeune diplômé d’une grande école d’art à Lisbonne et il a toujours été de bon conseil quant aux choix de la présentation et des grammages de feuilles et de couverture. Un ami écrivain a pu aussi bien me conseiller quant à la maison d’édition.

 

5/ Qu’est-ce qui vous a poussée à vous lancer, de l’étape de l’idée à la mise en oeuvre du projet et enfin à sa réalisation jusqu’à la mise en marché ?

 

Je suis chef d’entreprise et je cours toujours. A un moment donné, j’ai voulu me reposer (et il le fallait !) j’ai pu négocier mon absence de 5 mois au sein de l’entreprise auprès de mon mari. L’idée était que pendant cinq mois je me fasse plaisir et réalise une chose qui me plaise. Mon mari a accepté alors de gérer seul notre activité avec l’aide de nos salariés. Cette absence prévue avec six mois d’avance m’a permis de passer de l’idée à la réalisation ! Bien sûr, je n’avais pas fini en cinq mois … j’ai ensuite empiété sur mon temps de travail que j’ai réorganisé.

 

6/ Combien de temps avez-vous consacré à sa réalisation ? Comment avez-vous géré l’écriture et l’illustration ?

 

L’écriture m’a demandée cinq mois. Auquel il faut additionner quatre mois de dessins et de correction de maquettes. Pour trouver mon dessinateur, j’ai eu un coup de chance incroyable, lors d’un séjour à Lisbonne, l’un de ses dessins décorait un restaurant dans lequel je dinais. Le coup de foudre pour la fresque a été immédiate et je l’ai contacté ! Tout s’est fait ensuite à distance : entre les skypes, les drive, les cloud et tout le bazar …. Ce fut facile !

 

7/ Quelles sont les qualités auxquelles vous avez fait appel ?

 

La résilience et la patience …

 

8/ Quelle a été l’étape la plus difficile et celle qui vous a apporté, à ce jour,  la plus grande satisfaction et dont vous êtes la plus fière ?

 

Ma plus grande difficulté fut de décrire chacun des dessins à mon dessinateur … ce n’était pas toujours simple car bien que parlant portugais … je n’avais pas toujours le vocabulaire adapté d’autant que tout s’est fait à distance. Aujourd’hui, ses dessins rayonnent et tous sont unanimes pour affirmer que le livre est magnifique.

 

9/ Quelles sont vos attentes à présent ?

 

D’abord, de rembourser mes investissements et ensuite de pouvoir transmettre à mon humble niveau l’histoire du Portugal à tous et de contribuer au renforcement de notre orgueil collectif d’être Portugais.

 

11/ Quelles sont les sensations que vous a procuré votre entrée dans le monde de l’édition et sur le marché du livre ?

 

C’est un modèle économique qui me dépasse complètement et que j’ai du mal à comprendre pour le moment ! Peut-être comprendrais-je plus tard !

J’ai une entreprise dans le bâtiment et je n’aurais jamais cru que le milieu du livre et de l’édition soit si fermé, légiféré et vieillissant ….

 

FERME : un libraire ne peut pas brader un surstock de livres ? Comme je peux moi brader une référence supprimée de la gamme d’un fabricant ! Mais comment le libraire peut-il gérer son stock et surtout gagner de l’argent en faisant des « coups » d’achat en volume ? Car avec cette interdiction il commande peu et obtient une petite remise et paie d’énorme frais d’envoi par unité ! Sa marge s’en retrouve minuscule.

 

LEGIFERE : Beaucoup de contraintes en termes de délais de paiement et reprise marchandise. Qu’advient-il alors de la rentabilité d’une petite maison d’édition ? Les libraires sont aussi des vendeurs ! Quand ils commandent, ils doivent vendre …. Encore une règle qui n’encourage pas le dynamisme commercial d’une librairie et la rentabilité d’un éditeur.

 

VIEILLISSANT : Certains libraires commandent par email, par DILICOM, par téléphone, c’est diffus … Certains libraires n’ont même pas de scanner ou de smartphone (!) … tout est long … Beaucoup payent même encore par chèque par courrier (1€ le timbre) un livre qu’ils commandent à l’unité ! Et le temps c’est de l’insatisfaction client et des pertes financières ! Je comprends mieux maintenant les succès de la vente en ligne de livre !

 

10/ En tenant compte de votre aventure, pouvez-vous, svp, classer les verbes ci-après par ordre de difficulté croissante : 

 

  1. Faire connaître
  2. Diffuser
  3. Ecrire
  4. Vendre
  5. Distribuer
  6. Illustrer
  7. Publier
  8. Engager
  9. Essayer
  10. Créer

12/ Est-ce que «L’extraordinaire histoire du Portugal» signe pour vous le début d’une extraordinaire aventure à poursuivre dans l’édition ?

 

Cela serait super et c’est ce que je souhaite mais avant d’être écrivain, je suis une chef d’entreprise … l’aventure continuera si l’écriture peut me verser un salaire. Autrement, elle s’arrêtera !

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Joao Illustrateur

Cadamoste editions

Je suis né et j'ai grandi à Sintra, un endroit merveilleux au patrimoine historique, préservé au fil des siècles. 

Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai rapidement commencé à travailler sur différents projets d'illustration, de conception graphique et de dessins animés ! L'un de ces projets a été réalisé pour un restaurant pittoresque attenant au château São Jorge, à Lisbonne. C'est là que Sandra Canivet a rencontré mon travail, en dînant devant l'une de mes illustrations qui décore le lieu, tout en savourant notre délicieuse cuisine portugaise ! Son contact à travers les réseaux sociaux m'a surpris puis m'a fait sourire : elle m'affirmait qu'elle ne trouvait aucun livre écrit en français sur l'histoire du Portugal pour ses enfants, alors elle cherchait un illustrateur pour donner vie à ses récits afin de l'écrire elle-même. "Attention, je veux des dessins dans un style" geek ", disait-elle !