Votre Rendez-Vous Bimestriel avec l'Orthographe, la Grammaire et la Syntaxe.

Jean-Renaud Plas

La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle.

 

 Anatole France

Président de Damalys

ORTHOGRAM

Je vous donne donc rendez-vous au prochain numéro !

 

Préambule

Je détourne consciemment, sans malice inappropriée,

cette introduction de l'Evangile selon Jean, dans le seul but d'illustrer le propos qui suit.

 

Une langue est avant tout orale. Son évolution à travers les âges, toutes géographies confondues, part de l'oral. L'Homo Sapiens aurait commencé à s'exprimer entre 300.000 et 200.000 ans avant JC, les premiers écrits identifiés ne datant que de 5000 ans avant JC. Depuis, l'orthographe s'est progressivement imposée comme un système de règles relatives à l'écriture d'une langue. Elle répond à l’exigence naturelle de la communauté linguistique d’avoir des repères communs dans l’écriture de sa langue, fixés dans des ouvrages spécialisés (guides, dictionnaires, manuels, etc.). La langue étant en évolution continue, l'orthographe en est toujours dépassée. Observons le temps que met l'Académie française à introduire au dictionnaire de nouveaux mots issus "de la rue" et déjà passés dans le langage courant.

L'orthographe n'est donc qu'un outil. Sans en minimiser l'importance, il s'agit de la considérer à sa juste mesure et la maintenir à sa juste place. Dans une entreprise, un collaborateur dont les écrits sont parsemés d'erreurs d'orthographe n'est pas pour autant un professionnel passable dans son domaine d'expertise. Un auteur dont les ouvrages révéleraient une orthographe approximative devrait-il être considéré comme un écrivain médiocre ? Pour en juger, je vous invite à parcourir les manuscrits (avant édition, et donc relecture et correction), les brouillons ou les correspondances de nos plus grands écrivains et poètes français. Vous constaterez que les Balzac, Zola, Stendhal, Baudelaire et autres Rimbaud, Proust, Céline ou Sartre...la liste n'est pas exhaustive...étaient parfois bien fâchés avec certaines règles de grammaire. Peut-on en conclure qu'ils ne maîtrisaient pas notre langue, eux qui ont porté la littérature française au plus haut ? Certainement pas. De même, devons-nous bouder notre plaisir quand leur génie créatif nous propose des figures de style malmenant quelque peu la syntaxe ? Pas davantage, vous en conviendrez.

Pour autant, l'orthographe ne saurait être sacrifiée sur l'autel du talent. Pas vu, pas lu est justement consacré à l'écriture et à l'émergence de nouveaux talents littéraires qui, acceptons-en l'augure, entreront peut-être pour certains au Panthéon de notre littérature. C'est tout le bien qu'il faut leur souhaiter.

L'écriture, pour être lue, comprise et partagée par le plus grand nombre, répond à des règles strictes, rigoureuses et parfois compliquées, de grammaire et de syntaxe. Et la littérature, qu'elle soit classique ou 2.0, ne peut s'y soustraire. Point n'est ici question de donner des leçons. L'orthographe (française) est un formidable vecteur d'humilité. Qui peut se targuer d'en maîtriser tous les tours, contours et exceptions ? Assurément, personne.

La rubrique OrthoGram, que je vais avoir l'honneur et le plaisir d'alimenter, a pour objet de rappeler à nos lecteurs, soucieux de belle écriture, quelques-unes de ces fameuses règles.

 

Chaque mois, j'aborderai une difficulté particulière, expliquée et illustrée par des astuces mnémotechniques, des gymnastiques intellectuelles, des exemples pratiques, voire quelques anecdotes si la matière s'y prête.

 

Je me réjouis de ce rendez-vous bimestriel...et espère sincèrement que vous y trouverez le même plaisir.

 

Jean-Renaud Plas

 

Au commencement était le verbe...ou la parole... !
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