BIOGRAPHIE 

Nora Hamdi

Auteur / Scénariste / Réalisatrice

 LA MAQUISARDE 

 Adaptation cinématographique du roman de Nora Hamdi

paru aux éditions Grasset

1/ Nora, six années se sont écoulées entre la sortie de votre roman «La Maquisarde et son adaptation cinématographique. Qu’est-ce qui a déclenché la mise en route du film ?

 

Plusieurs choses mais avant tout la volonté de réaliser ce film sans adoucir le passé ni édulcorer l'histoire, ce que l'on m'a demandé de faire sur les premières versions. Donc, après trois ans de réécriture, j’ai décidé de reprendre la base du livre, en prenant la partie dans l’histoire qui se passe quasiment en huis clos et d’auto-produire le film. Le long métrage s’est fait dans l’urgence, avec tout ce que cela peut comporter, mais pour la première fois, dans la mesure de mes moyens, j’ai tourné librement.

 

2/ A la lecture des premières pages de votre livre, votre imaginaire et toutes les questions qu’un enfant peut se poser sur sa maman semblent peser une tonne. Ressentiez-vous déjà, à l’époque de l’écriture de votre roman, le besoin de mettre des images sur ce qui ne pouvait de toute façon pas tenir coincé entre les quatre coins d’un livre ou les recoins de vos interrogations ?

 

Oui, je peux dire que j'ai toujours pensé réaliser ce film et aller au-delà du livre, dès la dernière page écrite. Les bribes de récit de ma maman envoyaient de nombreuses images. Si certaines étaient floues, d'autres me semblaient claires.

 

3/ Après tout ce que vous avez pu imaginer, après la narration de son passé par votre maman et votre travail de recherche historique, après l’écriture de votre roman, quelle image aviez-vous, avant toutes les autres, envie de partager avec les spectateurs de votre film pour rester fidèle à votre roman ? 

 

J'avais, avant tout, envie de raconter l'engagement de ces femmes courageuses dans une guerre dont il a été et dont il est toujours difficile de parler. Pour les images et la première, c'est la ligne de production et l'organisation du tournage qui ont primé et dans l'urgence, on n'a pas toujours le temps de penser ou d'apprécier. La Maquisarde est un film indépendant à petit budget. Si une image marque mon esprit et je l'espère, marquera les esprits,  c'est celle de ces femmes populaires engagées comme l'a été ma mère. 

 

4/ Qu’est-ce qui vous a demandé le plus de recul pour la réalisation du film, l’histoire de cette guerre, la place et le rôle attribués aux femmes par l’histoire, la construction du profil de la jeune femme combattante qu’était votre maman, un autre point ?

 

L'ensemble de ces points, chacun à leur tour et à leur place. Mais, j'avoue que mettre en avant toutes ces femmes et leur courage en respectant l'histoire était la priorité. Ainsi, les grandes lignes du roman La Maquisarde ont été conservées, à travers notamment des images d’archives, que j’ai filmées lors de mon travail d’enquête concernant les faits historiques, images d’archives que j’ai intégrées dans le film pour souligner la véracité de l’histoire et en faire un film non manichéen. Le film La Maquisarde est inspiré de faits réels.

 

5/ Est-ce que l’adaptation cinéma et les premières images tournées et visionnées de votre film ont fait se confronter la romancière que vous êtes, la femme d’origine algérienne que vous êtes avec l’enfant que vous avez été et sur quels points ?

 

Oui, bien évidemment. C'est un mélange de ressentis, de culture et d'origine. Je suis cette femme française d'origine algérienne.

 

6/ Sixième d’une famille nombreuse, je le suis aussi. Quoi que l’on fasse, la fraterie est toujours très présente. Quelles ont été les réactions de vos frères et soeurs à la lecture de votre roman et après la projection de votre film ? Avez-vous eu l’occasion de partager vos émotions et les ressentis avec chacun ? Qu’en est-il ressorti ?

 

Bien que cela soit une affaire personnelle et que je respecte la pudeur de chacun, je peux dire que se dégage, après la surprise, de la fierté pour ce que notre mère à très humblement gardé en elle mais réalisé avec force, courage et dignité.

 

7/ Selon vous, que révèle le film que le roman ne pouvait livrer ?

 

La force du huis clos et bien évidemment, des images fortes. J’avais envie de mettre en lumière et en mouvement ces femmes populaires.

 

8/ L’écriture filmique vous parait-elle plus difficile que l’écriture d’un roman ? Pouvez-vous, svp,  justifier votre réponse ?

 

Malgré l'écriture de plusieurs versions du film, l'écriture filmique me parait plus simple que l'écriture du roman qui est beaucoup plus personnelle, plus profonde.

 

10/ Comment avez-vous engager l’écriture du scénario ?  Avez-vous découpé votre roman en pièces détachées pour piocher chaque scène ou avez-vous réécrit totalement le déroulé narratif ?

 

Non ! Comme je vous l'ai dit précédemment, les contraintes budgétaires m'ont amenée à orienter le film sur le huis clos.

 

11/ Au clap de fin de la première scène mettant en scène Sawsan Abes dans le rôle de votre maman, que s’est-il passé dans votre esprit ?

 

Je dois avouer que devant l'urgence et la rapidité du tournage, les scènes se sont très vite succédées. Je suis incapable de le dire. Avec le recul et après coup donc après le tumulte du tournage, je ressens de la fierté, oui, de la fierté.

 

12/ Lequel, du film ou du roman vous a procuré la charge émotionnelle la plus forte et pour quelles raisons ?

 

Le roman, sans hésitation. Encore une fois, l'écriture d'un roman est très personnelle et beaucoup de choses, d'éléments se sont entrechoqués lors de l'écriture. Pour le film, c'était très différent.

Née à Argenteuil dans une famille d’origine Algérienne, après des études d’arts plastiques Nora Hamdi expérimente le graffiti, la peinture, écrit et réalise deux courts métrages, co-signe avec Virginie Despentes la bande dessinée, Trois Etoiles puis écrit son premier roman Des poupées et des anges, aux Editions Au Diable Vauvert. Elle devient lauréate du prix Yves Navarre pour ce premier roman.

 

En 2005 elle écrit Plaqué or, aux Editions Au Diable Vauvert, puis écrit la nouvelle, La Désinvolture du prince charmant ( Ed. Flammarion), et Les Filles de Pissevin pour le théâtre Kaléidoscope à Nîmes. Après être jury au festival du court métrage, elle  adapte et réalise son roman Des poupées et des anges au cinéma. Elle est lauréate du prix Les enfants terribles, et pour ce premier rôle au cinéma, l’actrice Leïla Bekhti est pré-nommée au césar 2009 et également nominée avec l’actrice Karina Testa pour le Prix Lumière 2009. Elle revient à l’écriture et publie Les Enlacés, puis en 2011 elle sort son quatrième roman La Couleur dans les mains, elle est finaliste du prix Lilas. 

 

Elle travaille ensuite sur son roman historique La Maquisarde, inspiré du témoignage de sa mère pendant la guerre d’Algérie et de la France anti-coloniale. Elle va sur les traces de sa mère en Algérie et filme l’ancien camp de concentration et son ancien village ratissé. Son cinquième livre La Maquisarde sort aux Editions Grasset. Le roman historique donne lieu à plusieurs colloques autours du sujet des femmes dans la guerre. Le roman La Maquisarde sort en Algérie aux Editions Sedia. En 2018, elle réalise le film La Maquisarde, avec La Nouvelle Productions et de 2019 à 2020, le film est sélectionné à plusieurs festivals : Festival Rencontre Cinématographique de Bejaïa / Algérie” – Festival Littérature et du Cinéma de la femme / Saîda / Algérie – Festival Des lumières d’Afrique / Besançon / France – Festival international du film Amazigh / Metz / France – Festival Cinéma de la Paix ? / Tunis / Tunisis – Festival Arte Mare film méditerranéen de Bastia / Corse – Festival des cinémas Arabes d’hier et d’aujourd’hui à Ajaccio / Corse. Puis elle est jury à Med in scénario 2020 / France 2 / en Corse. Festival Clin d’oeil cinema 5ème semaine algérienne en Gironde / France.

Le film La Maquisarde est sorti dans les salles de cinéma le 16 septembre 2020 . 

 "Le paradis est sous les pieds

des mères." 

 

Proverbe algérien ;

Le Maghreb en proverbes (1905)

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