Les Débuts d'un Grand Auteur 

Par Stéphane Théri

"On peut être fier de n'importe quoi

si c'est tout ce que l'on a.."

                       

                                       John Steinbeck

Préambule !
JOHN STEINBECK
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JOHN

STEINBECK

La route de Los Angeles

John Steinbeck, de son vrai nom, John Ernst Steinbeck est un écrivain américain.

Il est né le 27 février 1902 à Salinas (une petite ville de Californie) et mort le 20 décembre 1968 à New York.

Il est l’auteur de grands classiques de la littérature, dont Des souris et des hommes, Les Raisins de la colère ou À l’est d’Éden.

Il a reçu le Prix Nobel de littérature en 1962 pour son chef d'oeuvre " Les raisins de la colère". il est l’une des plus importantes figures de la génération perdue américaine.

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Fils du trésorier du comté de Monterey et d’une ancienne enseignante passionnée de lecture et d’écriture,

John grandit à la campagne, entouré de ses 3 sœurs . Enfant, il passe ses étés dans les fermes aux côtés

d’ouvriers agricoles dont certains sont des immigrés. Ces gens simples lui offriront plus tard l’inspireront pour

l'écriture de ses romans. A cette époque encore incertaine, le jeune garçon pose d’ailleurs déjà ses premières lignes

de texte. Son diplôme en poche à l’école de Salinas, il se lance dans des études de littérature à l’Université Stanford.

Il abandonne toutefois les cours en 1925 pour partir à New York et tenter de faire publier ses écrits. Face au refus

des éditeurs, Steinbeck retourne en Californie. Il travaille comme gardien et guide touristique au lac Tahoe à

partir de 1928. Un an plus tard, il parvient enfin à publier son premier roman, "La Coupe d’or".

Le succès n’est pas au rendez-vous. John tente de gagner sa vie en créant une entreprise de fabrication de

mannequins. Hélas, il fait faillite et rentre avec son épouse près de sa ville natale, où ses parents lui offrent un

logement et l’aide financière qui lui permettront de continuer d'écrire. Steinbeck enchaîne alors les publications

avec : Les Pâturages du ciel (1932), Le Poney rouge (1933), Au dieu inconnu (1933) et enfin Tortilla Flat (1935), qui lui apporte son premier prix littéraire local. Pris d’amitié pour son éditeur Pascal Covici, il continue sur sa lancée et sort En un combat douteux (1936) puis Des souris et des hommes (1937), œuvre qui remportera un grand succès grâce à son adaptation théâtrale.

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Dans le prochain Numéro : Jack London

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A l'est d'Eden...

 

C'est le premier monument de la littérature américaine auquel j'ai été confronté. Tout est bon parce que tout ressemble à la vraie vie. Dans ce roman, Steinbeck vous présente tous les personnages que vous rencontrerez dans la vie, les méchants, les gentils, les paumés, les lâches, les cupides, les mystérieux, les tourmentés , etc. On y trouve également les méandres des interrogations de tous les enfants sur la face cachée de ceux qui les ont fait naître et tous les fantômes nés de ces interrogations. Le conflit des générations, le progrès et ses turbulences, l'humain, l'éducation, la vie dans toute sa truculence, c'est ça se trouver à l'est d'Eden. Vous y ajouter l'amour de l'auteur pour sa terre et vous avez le cocktail stupéfiant de la vie, de l'aventure humaine, du sentiment, de l'amour, de la haine mais également de la décrépitude qui jalonne parfois certains destins quand d'autres se construisent sur du terre-à-terre ou encore des chimères.

Après ce livre, j'ai dévoré tout Steinbeck !

John Steinbeck illustre mieux que personne la singularité et la volonté d'un auteur d'écrire comme bon lui semble et en toute liberté, tout ce qui frappe simultanément son époque et son esprit.  C’est avec Les Raisins de la colère (1939), qu’il considère comme son meilleur roman, que Steinbeck devient célèbre.

Ce chef d'oeuvre le sort de l'ombre. Toutefois, la véracité de son contenu ne plait pas à tout le monde. A sa première sortie, l'ouvrage est même interdit dans plusieurs villes en raison de son message jugé, à l'époque, trop socialiste. La force de cette oeuvre colossale finira par s'imposer, tout comme le talent de cet auteur qui, pour le lecteur que je suis, est : 

"L'auteur qui connaissait et qui aimait les gens"

UN TALENT PAS IMMEDIATEMENT RECONNU !

John fait son cinéma !

Les oeuvres majeures de John Steinbeck ont intéressé le 7ème art et certains de ses plus prestigieux réalisateurs comme Elia Kazan ( A l'est d'Eden) et John Ford (Les raisins de la colère).Son 1er succès littéraire "Tortilla Flat" est également porté à l'écran. Certaines moins connues du grand public ont donné à l'auteur une renommée nationale et internationale. C'est, entre autres, le cas pour "Les naufragés de l'autocar". Un livre stupéfiant dans lequel l'auteur joue à nous dévoiler la face cachée des voyageurs. Son roman "Des souris et des hommes" sera, quant à lui, adapté deux fois au cinéma. En 1939, par Lewis Milestone. Le film sera dailleurs nominé aux Oscars de 1940 pour le titre de meilleur film. En 1992, c'est l'acteur Gary Sinise qui passe à réalisation avec, en distribution,Gary Sinise et John Malkovich.

 

 

OEUVRE

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Si le cinéma s'est intéressé aux oeuvres de John Steinbeck c'est, je le crois, parce que

ses livres mettent en scène des gens ordinaires, leurs sentiments, leurs relations aux

autres et toutes les épreuves que peuvent compter des parcours de vie. De plus, l'écriture

de Steinbeck envoie énormément d'images aux lecteurs. Il est évident que nous sommes

nombreux à avoir fait bouger les personnages de ses livres, à avoir imaginé leurs visages

mais aussi leurs villages et leurs campagnes. En tout cela, l'oeuvre de John Steinbeck est

une réussite exemplaire qui porte aux yeux de toutes les générations, une peinture vraie

de la condition humaine de ses contemporains. Il n'est pas étonnant d'ailleurs que l'auteur

se soit intéressé aux documentaires et au journalisme. Il y a dans chacun de ses ouvrages un

attachement à conter la vérité par le biais de personnages dans la destinée desquels, chacun

peut trouver une part de la sienne. Steinbeck sait mettre en opposition les dérives d'une

société spéculative, le travail, la valeur ajoutée, la misère et la nécessité de survivre.

Il nous livre, avec "La Perle", une pépite sur la convoitise et les inégalités induites par

l'argent. Juana et Kino sont nos clônes, reste à chaque lecteur de découvrir combien l'auteur

dépeint avec brio tout ce qui nous éloigne les uns des autres et pousse parfois les plus

fragiles jusqu'au crime.

 

Oui, je vous le confirme, johon Steinbeck aimait les gens. Oui, John Steinbeck connaissait les gens pour avoir été à leur rencontre, avoir partagé, avec eux, l'essentiel d'une vie : Assurer sa survie et celle des siens. Il met également en lumière la dure réalité des premières victimes écologiques du "Dust bowl" (bassin de poussière) région à cheval sur l'Oklahoma, le Kansas et le Texas, touchée dans les années 1930 par la sécheresse et une série de tempêtes de poussière.

 

John Steinbeck laisse 27 livres dont 16 romans, deux recueils de nouvelles mais aussi des mémoires, des reportages et autres récits de voyages. Si son prix Nobel a généré quelques remous, ses vérités, ont généré les inquiétudes du gouvernement américain. Ce dernier les lui a fait payer cher et lui administre un contrôle fiscal tous les ans. Membre de la ligue des écrivains américains qualifiée à l'époque d'organisation communiste, il apportera son soutient au talentueux Arthur Miller et qualifiera cette période de « l'une des périodes les plus étranges et les plus effrayantes à laquelle un gouvernement et un peuple aient jamais été confrontés ». Son oeuvre est un colossale portrait de l'humanité et une fenêtre grande ouverte sur les dérives qui nous conduisent , en plus des routes de Cafifornie, sur la route des inégalités et des injustices sociales.

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