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Biographie :

 

Laurent Grima est né en 1971 à Marseille. Il est marié et père de trois enfants. Laurent a toujours été attiré, d’abord par la lecture, puis par l’écriture. Son ami d’enfance, Nicolas, lui a d’ailleurs rapporté qu’écrire était le moyen le plus sûr pour lui de sécher les cours au lycée. Il restait « physiquement » en classe, mais s’installait au fond de la salle pour gribouiller des bouts d’histoires. Petit à petit s’est inscrit en lui le désir de raconter des histoires aux travers de films, dans une posture d’auteur-réalisateur. Il a bidouillé quelques scénarios plus ou moins aboutis, et même réalisé un petit court-métrage en 2002. Il mène à bout, en 2005, un scénario de long-métrage (Re)vivre qui traite de la douloureuse reconstruction d’un homme, à un moment un peu compliqué de sa vie. Plusieurs boîtes de productions sont intéressées, et il cède ses droits à l’une d’entre elles. Mais le projet n’arrivera pas à se financer. Huit ans plus tard, au détour d’un voyage en train, Laurent est amené à découvrir un concours de nouvelles organisé à l’occasion de la sortie de la liseuse Nolim des magasins Carrefour. Il participe négligemment et se retrouve finaliste. Les retours élogieux de Maxime Chattam, alors président du jury, l’encouragent à poursuivre dans cette voie. L’année suivante, c’est Michel Bussi qui lui offrira la victoire dans ce même concours pour sa nouvelle « Une vie pour la mienne ». Le premier prix était l’édition, six mois plus tard, d’un roman. Ayant une vie professionnelle riche et bien remplie, Laurent ne disposait pas du temps nécessaire pour inventer une histoire de A à Z. Avec l’accord de son éditeur, il a pu ainsi adapter le scénario de (Re)vivre sous une forme romanesque. Ce premier roman est sorti en octobre 2015. Il a été finaliste du Prix de Saint Lys du premier roman , et lauréat du Prix Régional du Lions Club. Quatre ans après, laurent Grima présente son second roman:  "Les trois vies de l’homme qui n’existait pas". 

Dernière minute : Laurent Grima fait partie des 5 finalistes du prix des auteurs inconnus 2019 dans la catégorie, littérature blanche.

Laurent Grima
Auteur

INTERVIEW

Propos recueillis par Stéphane  Théri

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1/ Laurent, pouvez-vous, svp, nous dire en quelques mots ce qui vous a poussé à écrire et ce qui vous donne l’envie d’écrire ?  

On met souvent du temps à mettre le doigt sur la raison profonde qui pousse à accomplir les choses. J’ai grandi à Marseille, aux portes des quartiers nord et de leurs dangers. J’ai été élevé pour ces raisons sous le signe du « dehors, c’est dangereux », et j’ai probablement développé la lecture comme un moyen d’évasion là où j’étais souvent cantonné chez moi. Cela m’a sans doute permis aussi de développer un imaginaire un peu supérieur à la normale. Par la suite, après un long travail de thérapie, j’en suis venu à la conclusion – qui me semble être la bonne – qu’écrire est pour moi le seul moyen pour l’heure de vaincre ma peur de la mort. Les petits bouts de moi que je fige sur le papier sauront je l’espère me survivre et m’offriront une forme d’immortalité, ce qui m’aide à surmonter l’angoisse insupportable que tout s’arrête. Cela ne résout pas le problème de de mon éphémérité, mais cela m’aide à vivre !

 

 

 

2/ Qui est Laurent Grima, lorsqu’il n’écrit pas ?  

Il est un peu tous les personnages qu’il décrit : rêveur, idéaliste, ouvert, humain... J’ai la chance de pouvoir donner cours à un peu tout ce qui m’anime, que ce soit dans le domaine du sport ou des arts. Mon rythme de vie m’impose par ailleurs de vivre toujours à 100 à l’heure, en cumulant plusieurs fonctions. En plus de l’écriture de romans, je suis ainsi tour à tour éducateur, correspondant de presse, co-responsable d’ateliers théâtre pour les jeunes de ma commune, accompagnateur d’équipes de handball, sans oublier mes deux plus belles casquettes, celle de mari et de père ! Je dois souvent me freiner pour ne pas accepter d’autres responsabilités ou d’autres projets. Mais c’est ma nature profonde de remplir sans cesse mes valises d’expériences diverses et variées. Je suis difficile à suivre, et parfois j’imagine, difficile à vivre ! Et tout cela se complique encore en phase d’écriture !

Profession : Educateur Spécialisé

 

Retrouvez Laurent sur Facebook : 

https://fr-fr.facebook.com/enunmotcommeencent/

L

G

"Ecrire est le seul moyen pour l'heure de vaincre ma peur de la mort."

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3/ Qu’est-ce qui lie l’homme et l’auteur que vous êtes ? 

Le même désir de mettre du beau dans la vie. De rester dans l’humain, dans l’émotion, dans le vrai. A travers mes histoires, je délivre un certain nombre de valeurs qui sont les miennes et que je m’efforce d’appliquer au quotidien, même si comme tout le monde, je souffre aussi de mes contradictions. Il n’y a pas l’auteur d’un côté et moi, de l’autre. Il n’y a que moi, simplement. Lire mes livres est sans doute le meilleur raccourci pour faire ma connaissance.

4/ Que s’est-il passé entre la publication de votre 1er roman et l’écriture des premiers mots du deuxième ? Est-ce que quelque chose  a changé profondément chez vous ou, est-ce que quelques chose s’est renforcée en vous ?  

On ne mesure pas les effets que l’on provoque sur les autres, ni même le sens que les lecteurs  retiennent des mots que l’on écrit. Avec (Re)vivre, j’ai mesuré la portée de mes mots et des émotions que cette histoire a su créer chez les lecteurs. Le retour le plus touchant a été celle d’une lectrice anonyme qui n’a pas hésité à me dire que ce livre « lui avait sauvé la vie ». Ainsi donc, je pouvais générer ces choses-là ! C’est un pouvoir un peu effrayant et une lourde responsabilité. Mais c’est aussi un superbe encouragement. Le beau succès d’estime de ce premier roman est venu me confirmer que j’étais probablement à ma place dans ce monde des raconteurs d’histoires. Que je n’étais pas un imposteur. C’est une force indispensable pour continuer à avancer dans un milieu qui ne m’attend pas forcément encore !

5/ Quand vous avez engagé l’écriture de votre deuxième roman, étiez-vous le même auteur que lorsque vous avez écrit votre premier roman ou le 1er a libéré quelques chose ?  

 Je suis devenu fatalement un homme différent dans la mesure où j’ai eu le malheur de perdre mon père en cours d’écriture. C’est un bouleversement profond qui est venu marquer pour moi à quarante-six ans, à l’instar de mon personnage Tino, un véritable passage à l’âge adulte. Du reste, ce nouvel état s’est retrouvé accompagné aussi d’une forme de maturité nouvelle en matière d’écriture. L’expérience fait en sorte que l’on avance tout le temps dans la vie. Dans la technique, dans le style aussi. Le temps, l’expérience et les épreuves sont ainsi venus me renforcer, me « densifier ».

6/ Comment qualifiez-vous votre deuxième roman, «Les 3 vies de l’homme qui n’existait pas» ? Pour quelles raisons ? 

 Il est beaucoup de choses. Un conte, un récit initiatique qui vient décrire le chemin emprunté par mon personnage aux talents multiples pour s’inscrire dans le monde des hommes en restant fidèle aux valeurs transmises par son père. Une sévère critique du monde moderne et de ses dérives, souvent aux frontières de l’absurde, une gigantesque nasse qui menace en permanence de nous engloutir. Une histoire d’amour entre un homme et une femme qui ne disposent pas forcément « du mode d’emploi de la vie ». Une aventure, une quête qui offre du mouvement et des voyages… J’ai souhaité faire de ces « Trois vies... » un roman distrayant et accessible, mais aussi et avant tout un roman porteur de sens.

7/ Etes-vous surpris par les critiques qui sont faites par vos lecteurs ou sont elles en adéquation avec les intentions majeures avec lesquelles vous avez écrit ce deuxième roman ?  

 On est toujours surpris car on ne comprend qu’après coup le seul sens véritable de ce que l’on a voulu dire. Et ce sens-là, ce sont les lecteurs qui le dessinent. Je me serai bien contenté d’écrire une belle histoire. Or beaucoup de lecteurs s’accordent à dire que c’est un roman qui fait du bien. Un roman qui permet de prendre le temps de se poser les vraies questions : qui suis-je vraiment ? Suis-je heureux ? Qu’ai-je vraiment envie de faire de ma vie ? Suis-je toujours en phase avec mes promesses, mes rêves ? Je dois dire que j’aime bien ce sens-là ! 

8/ 3 vies pour un homme qui n’existe pas, est-ce trop ou cela vous paraît trop peu ?  

 

Qu’on existe ou que l’on n’existe pas, le temps passe trop vite. Beaucoup trop vite. Et vu que ce n’est pas assez, on l’accélère encore avec des concepts comme les fast-food, les speed-dating, etc. La vie est bien trop courte pour qu’on se contente du seul « métro-boulot-dodo », avec en fil rouge la télé-réalité et les actualités anxiogènes. Si l’on ne considère pas la vie comme un trésor, on est mort quelque part avant même d’avoir vécu ! Il faut s’inventer un beau chemin, ou parfois même le réinventer en cours de route. Il faut être ambitieux. Pas dans le sens de devenir « le roi du pétrole », mais simplement se mettre en situation d’honorer le cadeau du vivant. Et si cela passe par un autre modèle, comme celui de Tino alors allons-y...

 

9/ Si je vous dis, «Le livre, c’est la vie !», qu’est-ce que cela vous inspire ?  

 

J’ai envie d’y répondre à deux niveaux. Lire et écrire des livres répond à une forme d’hygiène intime à laquelle je ne pourrai me soustraire. C’est le voyage le plus grand qui naît d’une posture immobile. J’en ai besoin. Profondément. Même si des deux côtés, je ne dispose pas de tout le temps que j’aimerai avoir pour répondre à ces besoins. Ce temps-là, je le vole le plus souvent. Et puis, pour revenir à mes « Trois vies... », je dirai aussi que c’est un concentré de vie. On y croise tout ce qui nous anime : l’amour, la fraternité, la rencontre, la place des hommes et des femmes dans le monde, la nature et le besoin de la protéger, la quête de sens, la famille, la filiation, l’espoir, le deuil, le doute… C’est une histoire forcément universelle !

 

10/ Quels liens faites-vous entre le théâtre, votre travail de romancier et votre vie de tous les jours ?  Le fil conducteur entre tout ça reste avant tout l’humain, la rencontre et la créativité. Lorsque nous accueillons avec ma femme nos apprentis comédiens des ateliers théâtre que nous co-encadrons, lorsque j’accompagne les ados de mon ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique) en tant qu’éducateur, et globalement dans ma vie de tous les jours, il y a toujours ce plaisir simple d’être avec les autres, de partager, de construire un bout de chemin ou un projet plus ambitieux ensemble. La créativité c’est aussi ça : composer ensemble des moments de vie, des œuvres modestes et belles ou des choses un peu plus sérieuses. Un roman répond évidemment à ce principe d’aventure collective. Si mon inspiration vient du monde qui m’entoure et qui me bouscule, l’écriture reste un acte profondément solitaire. Mais au final, l’ouverture du roman terminé au plus grand nombre, les échanges, les partages qui suivent et toutes les interactions qui naissent d’une lecture font d’un livre l’un des moyens les plus efficaces de relier les gens entre eux !

 

11/ De vos deux livres tirez-vous un enseignement différent sur vous et votre écriture ?  

 

J’ai grandi entre mes deux livres , pris un peu de bouteille et affirmé peut-être un style. Mon style. Il vaut ce qu’il vaut, on l’aime ou pas. Mais c’est de cette manière-là que j’entends faire passer mes messages. Je m’y sens moi-même. Je trouve qu’il me ressemble, qu’il parle au final beaucoup de ce que je suis. Pour (Re)vivre, il y avait encore la fragilité urgente de la première fois. Dans « Les trois vies de l’homme qui n’existait pas », je perçois davantage de sérénité.

13/  L’écriture d’un troisième roman vous semble-t-elle évidente, logique, vitale, urgente ? Est-elle imminente ?  

 

Pour l’instant, elle est surtout évidente et logique. Quelque part, je n’ai plus le choix. L’écriture a pris le dessus et j’ai encore beaucoup d’histoires à raconter ! D’autant plus que j’acquiers maintenant un lectorat qui grossit gentiment et dont l’attente elle-aussi grandit. Je découvre cette pression. Une pression vraiment très belle à vivre. Maintenant, la promotion et l’accompagnement de mes « Trois vies », cumulés à toutes mes autres vies à moi ne me rendent hélas que peu disponible pour me jeter pleinement dans l’écriture du troisième. Mais il est là, rempli déjà de quelques pages, à attendre son heure. Elle arrive !

lA VIE COMME UN TRESOR

Le roman "Les trois vies de l'homme qui n'existait pas" caracole en tête du classement des auteurs et ouvrages les mieux notés sur la plateforme www.pasvupaslu.com

Le Saviez-vous !

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12 / Qu'est-ce que l'on trouve dans "Les trois vies de l'homme qui n'existait pas" que l'on ne trouve pas dans votre premier roman "(Re)vivre" ? 

 

La première réponse que je donnerais, c'est le mouvement. (Re)vivre, c'est avant tout une histoire de cheminement intérieur, de rééducation à la vie. Le (Re) entre parenthèses vient ici signifier un double sens : en premier lieu, il s'agit littéralement de revivre et de revenir "d'entre les morts" après un drame dont il est impossible de ressortit indemne. Mais c'est aussi  un questionnement sur le sens que l'on offre à l'acte de vivre. Il s'agit de détricoter ce qu'était mon personnage avant son épreuve, et de le reconstruire 

en tenant compte d'autres priorités. Le roman se déroule en très grande partie dans une chambre d'hôpital, puis dans un centre de rééducation fonctionnelle où ce personnage, Thomas, apprend à remarcher après un effroyable accident qui l'a vu perdre bien plus que l'usage de ses jambes. Le mouvement y est donc forcément réduit. Pour autant, on ne s'y ennuie pas, cheminer intérieurement amène aussi son lot de péripéties ! Mais bien évidemment, "Les trois vies..." dans sa dimension "roman itinérant" offre une bien plus grande ouverture sur l'extérieur, même si l'introspection y reste très présente. Ce que je développe aussi davantage dans mon second roman, c'est une forme de fantaisie, voire de folie douce dont on perçoit seulement quelques promesses dans (Re)vivre où le sujet se prête moins à cette forme de décalage. 

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I M P O R T A NT !

Le roman "Les trois vies de l'homme qui n'existait pas",

pour permettre de ne plus faire d'une question financière un obstacle à sa découverte en cette période difficile, sera au prix exceptionnel de 0.99 € dans sa version numérique jusqu'à la fin du confinement.

(RE)

Disponible à la vente au format papier :

FNAC / Amazon