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Biographie : 

 

Passionnée de théâtre et de littérature, Marie-Virginie Speller enseigne aussi les mathématiques à l’université. Elle est également l’auteur de nombreux ouvrages, publiés aux éditions Dunod (depuis 2012), destinés à la préparation de concours. Elle élabore aussi des grilles de mots croisés et des jeux pour différents magazines dont Le Journal de Mickey depuis plusieurs années.

 

Vous pouvez également découvrir et résoudre la grille de mots croisés de Marie-Virginie en cliquant ICI.

Chronique

Les robots font aujourd’hui partie de notre quotidien. Ils sont devenus quasi indispensables dans différents domaines comme la médecine, l’informatique, l’industrie, les transports, l’électroménager, etc. et sont même capables d’œuvres d’art. L’exposition Artistes & Robots, qui s’est tenue en 2018 au Grand Palais à Paris, exhibait quelques-unes de leurs productions artistiques.

 

Les robots avaient et ont toujours une place prépondérante dans les œuvres de science- fiction et leur présence sur la scène de la vie quotidienne se fait de plus en plus prégnante.

 

En 1920, l’écrivain et dramaturge tchèque Karel Čapek (1890-1938) nous livre la pièce de théâtre – R.U.R. Rossumovi univerzální roboti – dans laquelle le mot « robot » apparaît pour la première fois dans un texte.

 

Sur les conseils de son frère aîné, le peintre et illustrateur Josef Čapek (1887-1945), il emploie le terme « robota » – qui signifie « corvée » en tchèque – pour désigner les humanoïdes, machines ou automates d’apparence humaine.

 

R.U.R. Rossum’s Universal Robots, de Čapek, est ainsi montée à Prague le 25 janvier 1921 puis créée à New-York dès 1922. Traduite en français pour la première fois sous le titre Rezon’s Universal Robots par l’écrivain et traducteur tchèque Hanuš Jelínek (1878- 1944), elle est produite le 26 mars 1924 à la comédie des Champs-Élysées sous la direction de Jacques Hébertot (1886-1970). Le mot « robot » fait désormais partie du vocabulaire français.

 

L’intrigue de la pièce porte sur l’entreprise R.U.R. qui fabrique et emploie des robots. Ces derniers effectuent les basses besognes boudées par les hommes. Dépourvus de sentiments et d’envies, ces « êtres artificiels » sont conçus dans l’unique but de travailler, ce qui émeut beaucoup Hélène, personnage emblématique de la pièce. Elle est particulièrement choquée par la réponse à sa question « Alors, pourquoi les (robots) fabriquez-vous ? » que lui fournit Fabry, un ingénieur de l’entreprise R.U.R. :

« Un robot a exactement la productivité de deux ouvriers et demi. La machine humaine, mademoiselle, est loin d’être parfaite. Il a fallu qu’on la remplace. »


À travers cette réplique, les hommes sont également réduits à l’état de machines et deviennent des biens substituables. À mépriser ainsi les robots, les humains se déconsidèrent et se nuisent finalement à eux-mêmes.

 

Les robots représentent une main d’œuvre bon marché et très pratique. Ils remplacent peu à peu les hommes sur le marché du travail. Ces derniers sombrent alors dans l’ennui et l’oisiveté et finissent par devenir très vulnérables.

Les personnages de la pièce ont-ils raison de traiter ainsi les robots ? Ces derniers ne vont-ils pas avoir, un jour, envie de prendre leur revanche ? Cette œuvre rappelle fortement le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne de Marie Shelley (1797-1851) – publié en 1818 – dans lequel la créature se regimbe contre son créateur.

 

Les robots rendent de précieux services aux hommes dans la pièce, mais à quel prix ?

 

Les personnages de cette production littéraire ne devraient-ils pas faire preuve de plus de prudence, d’empathie et d’humanité envers ces êtres faits de chair et de métal ?


À découvrir dans R.U.R. !

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Chronique de Marie-Virginie Speller

Aux origines du mot "robot"

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