gallery/0
Biographie :

 

Lectrice-correctrice et rédactrice indépendante depuis avril 2019, diplômée du Centre d’Écriture et de Communication, Delphine est mariée et maman de trois enfants.

 

Les livres ont toujours occupé une place importante dans sa vie jusqu’à s’inscrire dans son quotidien, de manière « ludique » dans un premier temps.

En novembre 2017, elle crée un blog personnel sur lequel elle publie ses avis sur ses lectures et interviews d’auteurs, et propose ses services de bêta-lectrice. Puis, de janvier à septembre 2018, elle rédige des articles au sujet de l’actualité sur un site – aujourd’hui fermé – dédié à la littérature (livrenpromo.com).

 

Sur le plan professionnel, après 15 ans d’exercice dans le milieu médico-social en qualité d’aide médico-psychologique, la fatigue physique et le besoin de changement d’horizon se font sentir, plus fort que jamais. Une réorientation devient indispensable.

La peur du renouveau et de l’inconnu aurait pu la paralyser, mais ce sentiment a finalement révélé ses attentes profondes, et leur a donné du sens.

Elle prend alors le pari fou de faire de sa passion son métier, sous un statut qui lui permet d’allier ses valeurs et ses compétences dans un travail d’accompagnement sous une autre forme.

delphine barotin

Lectrice - Correctrice - Rédactrice indépendante

 

I N T E R V I E W

1/ Delphine, après avoir échangé sur Linkedin, je vous ai proposé de présenter à nos lectrices et lecteurs votre métier qui, j’en suis personnellement convaincu, reste une étape indispensable et majeure dans le parcours d’un livre. Aussi, pouvez-vous, svp, nous donner votre définition du métier de Lectrice-Correctrice et rédactrice ?

 

Tout d’abord, je tenais à vous remercier de me donner l’occasion de parler de ma profession qui suscite, encore aujourd’hui, bien des questions.

Comme vous le soulignez, la correction « reste une étape indispensable et majeure dans le parcours d’un livre », et à ce titre, je vois la correction comme un soin. Un soin un peu particulier, je vous l’accorde, mais qui a pour objectif de prendre en charge un texte dans sa globalité et d’en valoriser le fond comme la forme. En somme, je bichonne les mots, d’un œil juste et impartial, avec un profond respect pour le travail de son auteur et du message qu’il souhaite transmettre.

 

Il en est de même pour la rédaction, bien que le processus soit inversé, s’agissant ici de mettre en mots une idée, une information, etc. L’écrit doit donc être à l’image de la personne qui le commande, et s’adapter au contexte comme aux lecteurs ciblés.

 

2/ Comment le devient-on, après une formation spécifique, un parcours précis ou tout simplement par goût, par envie ?

 

Je crois qu’il existe une foule de parcours. Pour ma part, l’envie est née de mon intérêt pour la littérature et de mon goût prononcé pour le maniement des mots. Mais devenir lectrice-correctrice résulte également de longs mois de réflexions, de doutes (en ai-je les capacités ? Suis-je légitime ?) et de formation.

 

3/ Est-ce un métier facile à exercer ? Si oui, pourquoi ? Si non, pour quelles raisons ?

 

Répondre à cette question me semble plus ardu que d’exercer mon métier.

Je ne vois pas de difficulté à proprement parler dans l’exercice de ma profession. Cela ne veut pas dire que tout est simple, non ! Mais je crois que les petits « couacs », ou autre grain de sable dans les rouages, me conduisent à me remettre en question, à me former, à rechercher, et à ne jamais me reposer sur des acquis. Certains pourraient voir cela comme une difficulté ; pour moi, il s’agit davantage d’une source inépuisable de connaissances à approfondir et de défis à relever.

En résumé, ma curiosité est à la fête !

 

Je ne suis pas là pour leurrer, des difficultés, il en existe, mais elles sont liées à mon statut plus qu’à mon métier en tant que tel.

 

4/ Qui sont vos clients ? Quelles sont leurs attentes ? Quels sont leurs besoins ? Besoins et attentes sont-ils toujours en corrélation ? Pouvez-vous justifier votre réponse ?

 

Mes clients viennent d’univers variés (maisons d’édition, administration, étudiants), mais la majorité d’entre eux sont auteurs indépendants.

De manière générale, attentes et besoins sont bien identifiés. L’auteur qui fait la démarche de me contacter a conscience de l’importance de cette étape, mais la peur de voir son écrit modifié et l’aspect financier mettent parfois les attentes et besoins en conflit.

Ainsi, la demande initiale porte souvent sur une correction classique (orthographe, conjugaison, grammaire, etc.), moins coûteuse et moins intrusive peut-être qu’une révision approfondie (correction classique + reformulation quand nécessaire).

En revanche, la demande émanant d’une entreprise ou d’une administration relèvera systématiquement – selon mes expériences – du service le plus complet.

 

5/ Comment gagnez-vous la confiance d’un client ? Quels sont les arguments avancés pour le mettre en confiance et engager un travail de collaboration ?

 

Livrer son écrit n’est pas chose facile. Le temps passé, l’investissement, le don de soi ne sont pas à prendre à la légère.

Une relation de confiance est primordiale et passe par une communication régulière et transparente, aussi je propose un essai (correction approfondie) gratuit avant toute émission de devis, et précise chaque étape du processus de correction. Les premiers échanges se font généralement par mails, mais je favorise la correspondance téléphonique pour aborder les détails pratiques et rassurer si besoin est.

 

6/ Rencontrez-vous des objections récurrentes ou des idées arrêtées sur le bienfondé de votre intervention avant la signature d’un contrat ?  Pouvez-vous, svp, citer les plus récurrentes ?

 

L’objection la plus récurrente concerne les tarifs. Bien souvent, le temps de travail est sous-estimé, ce qui engendre inévitablement une incompréhension quand l’aspect financier est abordé.

 

7/ Je rencontre de nombreux auteurs en herbe et je suis souvent confronté au fait qu’il pense détenir dans leur manuscrit «le Graal» ou encore le futur «bestseller» de l’année dont la perfection n’échappera à personne ? Pourtant, de nombreuses retouches seraient opportunes, et ce, dans de nombreux cas. Comment alors, parvenez-vous à faire accepter un travail de relecture et surtout de correction à ce type d’auteur ? Avez-vous une clé qui ouvre la parenthèse de l’écoute et du possible ?

 

Je n’ai jamais été confrontée à ce que vous décrivez. Comme je l’ai souligné précédemment, un auteur qui prend l’initiative d’un contact en connait les enjeux.

Cela dit, je crois qu’il est important de rappeler que la perfection n’existe pas, et que les heures passées sur un écrit ne permettent pas à son auteur de porter un regard objectif. Scientifiquement, son cerveau, lui-même, ne le permet pas, il se focalise sur le fond, sur ce qu’il a souhaité écrire, et non sur la façon dont les mots ont été couchés sur papier.

Je rappellerais aussi qu’une relecture, ou correction, n’a pas pour but de remettre en question le talent de l’écrivain ou d’en juger le travail, mais au contraire de mettre en lumière tout son potentiel.

 

8/ Nombreux sont les auteurs, même célèbres, à faire des fautes de syntaxes, de grammaire ou d’orthographe. Un correcteur se doit-il d’être infaillible ?

 

Je vous dirais simplement que personne n’est infaillible, d’où l’importance de la formation, de recherche approfondie en cas de doute. Les complexités de la langue française sont telles, qu’on ne peut prétendre à un travail de qualité sans un minimum d’apport.

 

9/ Quelle étape préférez-vous dans le cycle de votre relation avec un client ? Quelle est l’étape la plus complexe ?

 

Curieuse je suis, curieuse, je resterai, j’apprécie donc particulièrement la découverte de l’univers d’un auteur et les échanges qui en découlent.

L’étape la plus complexe reste, pour moi, le premier contact.

 

10/ Quels conseils donneriez-vous à un jeune souhaitant se lancer dans une carrière de lecteur-correcteur ?

 

Je l’inciterais, comme pour tout autre métier, à se former et à exercer avec passion et envie.

 

11/ Quels conseils donneriez-vous à un auteur en quête d’un «lecteur-correcteur» ?

 

Je lui conseillerais de se questionner sur ce qu’il souhaite réellement offrir à son écrit, de ne pas hésiter à prendre contact avec plusieurs professionnels et à échanger avec eux sur ses besoins et attentes.

 

12/ D’une façon plus générale, quel est votre rapport au livre, en tant qu’objet ?

 

J’aime l’objet en lui-même, ce qu’il dégage, ce qu’il contient, même si depuis quelques années le format numérique me séduit aussi pour son côté pratique.   

 

13/ Quel est votre rapport aux livres et quels sont les auteurs qui vous donnent envie de tourner la première page  de leur livre ? Pour quelles raisons ?

 

Pas une journée ne passe sans que j’ouvre un livre.

Aujourd’hui, en dehors des heures de travail, j’avoue mon penchant pour une lecture de détente, une lecture qui me permet de m’évader, de rire ou pleurer. Je n’ai pas d’auteur « favori », c’est mon instinct qui me guide vers tel ou tel livre, une émotion ressentie en observant la première de couverture, une phrase percutante en quatrième de couverture.

 

14/ De rédactrice à auteure, avez-vous franchi le cap ? Si non, pour quelles raisons ? Est-ce une évolution logique ou pas du tout ?

 

Le pas a été franchi avant même d’exercer mon métier, je ne pourrais donc dire si c’est une évolution logique, en revanche, une envie devenue besoin, pour ma part, j’en suis convaincue.

Je ne l’ai volontairement pas mentionné dans ma biographie, par pudeur, probablement, ou peut-être ne suis-je pas prête à m’exposer sous cette casquette.

Quel auteur n’a pas connu ce fameux « syndrome de l’imposteur » ?

 

gallery/MMAINCRAYON