gallery/cecopie
Biographie :

 

Catherine Espinasse est née au Mali. Elle a passé son enfance dans ce pays puis son adolescence en Centrafrique. En arrivant à Paris après le bac, elle suit des études de Psychologie à l’université René Descartes, Paris V, et se spécialise en psychologie sociale.

Elle se tourne également vers le théâtre en tant que comédienne d’abord, puis en tant qu’adaptatrice, metteure en scène, et enfin, auteure. Elle pratique aussi de façon intensive la danse et en particulier le Flamenco dont elle contribue au développement en France avec l’association El Tablao.

En tant que psychosociologue, elle réalise des recherches sur les temporalités et en particulier sur la nuit, sur les mobilités en fonction des âges de la vie. Elle codirigea trois colloques au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle : « La nuit en question(s) », « Lieux et liens », « Prendre soin ». Elle fut nommée en 2011 Chevalière de la Légion d’Honneur.

Adaptatrice pour le théâtre, Catherine Espinasse a porté en scène des textes non dramatiques d'auteurs contemporains tels Witold Gombrowicz, Marguerite Duras, Margaret Buber-Neumann, Alain Didier-Weill. Elle est également l’auteure d’une pièce de théâtre : « La meilleure fin » parue en 2008 aux éditions Art et Comédie, d’un roman autobiographique : « Mémoire noire d’une Blanche » paru en 2014 chez L’Harmattan, et d’un roman noir : « La chute d’un auteur » paru en 2017 aux éditions In Octavo. 

Catherine Espinasse
Auteure

INTERVIEW

Propos recueillis par Stéphane Théri

Meurtre en Cotentin !

...et si le harcèlement poussait au crime ?...

 

....Au fond de la douve, sur les pavés irréguliers et luisants de pluie, d’entre lesquels émergeaient ça et là, de petites touffes de gazon, W. était sur le dos, le buste tordu par rapport au bassin et aux jambes, les bras écartés, tels ceux d’un martyr crucifié, la face tournée vers un ciel sans étoile, les yeux grands ouverts sur le néant...

gallery/la-chute-d-un-auteur

Le roman " La chute d'un auteur"  de Catherine Espinasse a reçu

le prix du Speed Editing 2017.

 

Il a également reçu, 

de la part de la Société des Ecrivains Normands, le prix Gustave Flaubert 2019.

Catherine, nous avons vu dans votre biographie que vos passions sont nombreuses et votre plume très éclectique. Quel genre d’auteure êtes-vous vraiment et que cherchez-vous dans vos différents coups de plume ?

Mes passions sont nombreuses certes, mais constantes. Je suis fidèle à mes passions ! En tant que psychosociologue, ce qui m’intéresse c’est de comprendre les autres, mais parallèlement, j’ai toujours eu besoin aussi de la littérature, du théâtre et de la danse.

Ce qui peut vous paraître « éclectique » est qu’avant d’écrire des romans, certaines de mes recherches psychosociologiques ont été publiées et que je suis aussi l’auteure de pièces de théâtre. Ce qui vous prouve que toute ma vie, j’ai aimé écrire que ce soit pour rendre compte du réel ou créer un univers imaginaire  !

Il est difficile de se définir soi-même en tant qu’auteure. Ce que je recherche quand j’écris, c’est à la fois d’être accessible, sincère, de défendre ceux que l’on n’entend pas, à qui l‘on ne donne pas la parole…

Faites-vous un lien entre l’écriture et le Flamenco ? Cette danse est affaire de rythme, l’écriture n’est-elle pas, elle aussi, affaire de rythme ?

Le rythme est partout, en toute chose, dans la danse, dans le flamenco en particulier, comme dans l’écriture en effet. La construction d’une phrase est déjà une forme de scansion. Des auteures comme Marguerite Duras ou comme Jeanne Benameur ont des rythmes qui leur sont spécifiques, qui contribuent au charme de leurs textes, font leur style.

Votre roman «La chute d’un auteur» s’est retrouvé candidat et lauréat du concours de Speed-éditing de l’édition 2018 du Salon du livre et de la BD d’Ile de France situé à Mennecy. Qu’est-ce qui vous a amenée jusqu’à là ?

Au moment où je venais de terminer l’écriture de ce premier roman, où je me disais que j’allais devoir le soumettre à de nombreux éditeurs, un ami m’a parlé de ce concours et fourni les coordonnées. J’ai aussitôt envoyé mon manuscrit, ravie de saisir cette opportunité.

Quelques semaines plus tard, Nathalie Jaussaud-Obitz, directrice des éditions In Octavo, m’a informée que mon roman avait retenu leur attention et que je devais me présenter au jury du Salon du livre et de la BD de Mennecy pour passer des oraux… Il se trouve que j’adore les épreuves orales !

Catherine, pouvez-vous nous résumer l’aventure que le Speed-Editing a représenté pour vous (préparation, présentation devant le jury, vos attentes et vos émotions) d’abord en qualité de candidate puis de lauréate ?

Le jour de ces épreuves, je me suis réveillée tôt, excitée d’aller passer ces oraux, et heureuse à l’idée de défendre mon roman. Mais il m’est arrivé ce matin-là une fort désagréable mésaventure : mon compagnon et moi nous sommes partis en voiture et nous nous sommes trompés d’autoroute ! J’en étais malade ! J’en aurais pleuré ! Heureusement, nous sommes tout de même parvenus à arriver à Mennecy à temps pour les épreuves du concours…

Qu’est-ce que ce prix a changé pour vous et pour votre roman ? Quelles valeurs y trouvez-vous ?

Ce prix m’a donné confiance et c’est je crois, la valeur essentielle d’un prix accordé à un premier roman. De surcroît, puisque ce prix se concrétisait par la publication aux éditions In Octavo de mon roman, il m’a évité d’avoir à chercher un éditeur pendant des mois…

Toujours avec votre roman « La chute d’un auteur» vous avez reçu le Prix Gustave Flaubert 2019 de la Société des écrivains normands. Qu’est-ce que ce prix représente à vos yeux et que vous a-t’il apporté en terme de reconnaissance, de notoriété et de ventes ? Vendez-vous plus de livres grâce à ce prix ?

J’ai été très honorée que m’ait été décerné par la Société des écrivains normands le prix Gustave Flaubert ! « La chute d’un auteur » se déroule au cœur du Cotentin, dans un château où ont lieu des colloques littéraires. J’ai eu le sentiment que ce prix était une reconnaissance : il m’a été dit que j’avais su rendre compte de l’ambiance très particulière de la vie intellectuelle dans ce département, su décrire les paysages et les « petites gens » de Normandie, comme ces femmes qui servent dans le château…

Maintenant, les effets de ce prix qui m’a été décerné fin 2019, je peux difficilement vous en parler en raison de la crise sanitaire qui a mis fin à tous les salons du livre auxquels j’étais invitée ! Quant à l’impact en termes de nombre de ventes, il faut le demander à mon éditrice !

Défendre une oeuvre récipiendaire de deux récompenses est-il plus aisé que de défendre un ouvrage sans reconnaissance particulière ou est-ce plus de travail, de sollicitations et de justifications ?

Je ne sais pas si pour un auteur, la difficulté diminue avec le nombre de prix qu’obtient son ouvrage… Je crois que la facilité à vendre un livre est liée à la notoriété de l’auteur, à la publicité dont il bénéficie ! Soyons réaliste : il y a des milliers d’ouvrages qui paraissent chaque jour, des milliers d’auteurs : combien en connaissez-vous ? Combien de ces auteurs peuvent-ils vivre de leur plume ?

Avez-vous un ou des projets en cours ? Si oui, pouvez-vous nous en parler en quelques mots ?

J’aimerais m’embarquer dans un autre roman, mais le coronavirus et le confinement de la moitié de l’humanité ont rendu un peu dérisoire la fiction…Ne trouvez-vous pas ? Cependant, cet enfermement chez soi est une occasion de pouvoir écrire sans être dérangé, interrompu par la vie sociale ! Ce temps suspendu, puisque sans contraintes extérieures, peut être considéré comme une richesse pour un auteur et « Le monde à l'arrêt » être source d'inspiration...

Profession : Psychosociologue

Passions : Théâtre, Danse, Flamenco, Littérature

SPEED-EDITING

Mode d'emploi

Animation phare du Salon du livre et de la BD d’Ile de France situé à Mennecy et ayant lieu tous les ans début Février, le Speed Editing consiste à offrir à des auteurs n’ayant jamais été édités la possibilité de voir leur manuscrit publié par IN OCTAVO EDITIONS avec le concours financier de la ville de Mennecy.

 

La formule est simple: elle consiste à venir présenter un roman et à le défendre devant deux jurys successifs dans un laps de temps limité.

 

Il doit s’agir d’un roman tout public de 250 pages maximum.

Les candidats doivent compléter un questionnaire avant leur passage et répondre à des questions posées par le jury.

 

A l’issue du week-end, les manuscrits seront confiés au comité de lecture de IN OCTAVO EDITIONS qui disposera d’un mois environ pour choisir le manuscrit gagnant.

 

Celui-ci sera édité dans les mêmes conditions que tout ouvrage publié par un éditeur et recevra un prix.

 

Depuis la reprise par IN OCTAVO EDITIONS par les éditeurs actuels ont été sélectionnés:

 

  1. 2016: Florence LIZE pour « Les rochers de Dubrovnik »
  2. 2017: Olivier POLARD pour « Réjouissances à Honfleur »
  3. 2018: Catherine ESPINASSE pour « La chute d’un auteur »
  4. 2019: pas de sélection
  5. 2020:Paul de MARINVILLE pour « Canicule dans la baie »

Pourquoi pas vous ?

 

Il suffit de se présenter à la prochaine édition du salon qui se tiendra le 6 et le 7 Février 2021...

gallery/flamenco