Christian Guillerme

Auteur

I N T E R V I E W

1/ Christian, votre thriller «La corde de Mi» trône en tête des critiques de Pas Vu, Pas Lu. Mais, qu’est-ce donc que ce thriller, un air de rock, une note sombre ou un regard distant sur la musique metal, issu de votre imaginaire ? Quel lien doit on faire avec la corde de Mi d’une guitare ?

 

Un peu tout ça à la fois. Il s’agissait au départ de rendre un hommage à un environnement musical et humain qui me tenait à cœur. Je m’y suis épanoui pendant des dizaines d’années. Il s’agit d’un monde que peu de thrillers mettent à l’honneur encore aujourd’hui alors qu’il est propice au genre d’ambiance voulu dans ce genre d’écrit. Quand au lien avec la corde de mi d’une guitare il est bien sûr évident, sauf qu’il s’agit ici d’un mi grave, celui d’une basse, ayant moi-même été bassiste au sein de différents combos de metal de la région parisienne.     

 

2/ On ne peut distinguer le visuel de couverture de votre thriller du choix de vocabulaire que vous utilisez, comment est arrivée cette harmonie entre votre phrasé et les visuels de vos couvertures de livre ?

 

Je fais très attention au vocabulaire choisi dans mes romans. Il se doit de respecter le rythme que je veux impulser à l’histoire et à son déroulement. Une cover est là pour refléter le contenu du roman. L’image doit permettre de suite de comprendre ce qui attend le lecteur.

La cover de mon premier roman a été faite par mes soins avec le moyens du bord (un petit logiciel sur mon smartphone) et dans des conditions pas du tout propices à ce genre de réflexion (trajets en RER), mais elle traduit parfaitement l’ambiance que je voulais rendre. Quelque chose d’intriguant, de granuleux dans son rendu, qui interpelle. La cover est ce qui déclenche l’acte d’achat dans nos sociétés où tout est basé, ou presque, sur l’image.

J’ai fait de même pour la cover de L’heure du néant, le recueil de nouvelles sombres, réalisé avec mon ami Nelly Topscher.

Enfin, pour ce qui concerne la cover de mon second thriller, Urbex Sed Lex, la démarche a été totalement différente. Le graphiste de Taurnada a réalisé pratiquement dès le départ un travail qui m’a convenu, et je ne pouvais qu’adhérer à sa vision du roman.

Tout ce que je viens de dire sur l’image est valable pour le vocabulaire. Lui aussi doit faire l’objet d’un soin attentif. Le choix d’un mot plutôt que d’un autre peu complétement changer un rendu, un ressenti.    

 

3/ Urbex sed lex, est le titre de votre second thriller. Est-ce plus dur d’écrire un deuxième livre qu’un premier ou cela vous semble aussi naturel ?

 

Personnellement, je trouve que c’est plus facile dans le sens plus naturel. Avec un second roman, on a des certitudes, des acquis. On ne découvre pas certaines choses “sur le tas”, on est plus serein sur son schéma narratif. Après, lorsque le premier roman a été bien accueilli, comme cela a été le cas de La corde de mi, il existe c’est vrai une certaine pression pour le second. Une envie de vouloir faire mieux.

 

4/ Qu’est-ce qui vous fait prendre la plume et pourquoi le thriller ?

 

Cette envie d’écrire me taraudait depuis longtemps. Mais les vicissitudes de la vie, personnelle et professionnelle, me l’ont toujours fait remettre à plus tard. Raconter des histoires pour surprendre et faire frissonner le lecteur est quelque chose que j’adore faire. Un peu comme lorsque je jouais de la basse sur scène avec mes groupes. Donner des émotions, des ressentis au public, rien de plus plaisant. Pourquoi le thriller ? Tout naturellement parce que c’est un genre de littérature que j’ai toujours adoré. A force d’en lire, je me suis dit que je pouvais moi aussi le faire, à mon humble niveau. Ce qui est paradoxal car dans la vie je suis quelqu’un de joyeux et festif, alors que mes écrits sont sombres

 

5/ De quoi nourrissez-vous votre imaginaire, de films , de lectures, de vos aventures humaines, de notes de musique, de votre enfance ?

 

Comme pour la première question, ma réponse est “un peu de tout ça à la fois”. Mes lectures, mes rencontres, mon enfance (et les peurs qui s’y rattachent). Je suis comme tout à chacun entièrement façonné par mon entourage et mes souvenirs. J’aime mettre en scène des gens comme vous et moi, somme toute relativement ordinaires, confrontés à des situations extraordinaires. Dans mes romans, jamais de SRPJ, de BAC, de 36 quai des Orfèvres (ça n’existe plus d’ailleurs sous cette appellation), rien que des gens ordinaires, du quotidien, qui se retrouvent projetés dans une situation qui les dépasse.

 

6/ La musique metal fait partie intégrante de votre vie. Le thriller est votre genre de littérature. Si je dis qu’au delà de ça, il y a un univers Guillerme poussé par la musicalité des mots de Christian,  suis-je dans le vrai ?

 

Oui, tout à fait. Dès le début ou j’ai posé la première ligne de mon premier roman, j’ai voulu posséder une patte distinctive. Quelque chose qui ferait qu’on puisse se dire “C’est du Guillerme ça”. Je sais que ça peut paraitre présomptueux, mais c’est vrai. Je pense réussir à construire mes romans comme de véritables films, j’ai une écriture très visuelle. Je construit d’ailleurs mes manuscrits comme des story-boards. J’arrive même à imaginer des mouvements de caméra quand j’imagine certaines scènes. Et l’univers “Guillerme” comme vous dites est réellement poussé par la musique metal qui fait effectivement partie intégrante de ma vie pour tout ce que j’entreprend. En ce moment même, je réponds à cette interview en écoutant au casque l’un de mes groupes du moment, Dynazty avec une chanson en boucle en particulier, “This is my life my friend”.   

 

gallery/silhouette-144967

T H R I L L E R S  

gallery/bass-guitar-155468_640

Christian Guillerme est un auteur français né à Cichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine.

Il a longtemps été bassiste pour différents groupes de hard-rock et de metal de la scène parisienne et a,  à son actif, d’innombrables dates de concerts.

Il exerce dorénavant la profession de Chef de projet digital dans une très grande société d’assurances basée sur La Défense.

Biographie

 

7/ Que vous apporte l’écriture que la musique ne peut vous apporter ?

 

Paradoxalement, je dirais plutôt que c’est la musique qui m’apportait ce que l’écriture ne peut pas me donner, ou pas encore. L’impression de puissance quand vous jouez sur scène, le sentiment de ne faire qu’un avec les autres membres du groupe, avec le public. L’écriture est un sport individuel, qui ne repose que sur vos épaules. Pour autant je retrouve de cette magie lors des séances de dédicaces et les salons. Rencontrer les lecteurs est quelque chose de magique et me fait penser à la rencontre du public sur scène. En fait, je fais un parallèle entre l’écriture et le travail en studio de répétition, la phase de correction et ses bêta-lectures avec le travail en studio d’enregistrement, et les salons avec les concerts, ce qu’on appelle le “live”. Il y a beaucoup de ressemblance entre ses deux mondes, même si l’intensité n’est pas la même.    

 

8/ Vous venez également de publier le recueil de nouvelles « A l’heure du néant» co-écrit avec Nelly Topscher. Comment se passe en général vos relations avec vos pairs, dans la convivialité et la connivence comme avec Nelly ou la compétition prend sa part de présence ? Tenez vous compte des critiques ou remarques de vos pairs ?

 

Je suis d’un naturel liant, les relations dans l’ensemble se passent très bien avec mes “pairs” comme vous dites. Pour autant, je ne suis pas à ranger dans la catégorie des “bisounours”, la part de compétition est bien présente, et c’est même plutôt sain, ça nous pousse à donner le meilleur de soi-même. Les critiques sont essentielles pour avancer lorsqu’elles sont justifiées et surtout étayées. Une critique juste pour descendre l’auteur ne sert à rien à part régler un différent ou se donner une importance qui n’existe pas. Dans le même ordre d’idée, les louanges vous décrivant comme la 8ème merveille du monde ne sont pas plus fondées, même si bien plus agréables à l’ego.

 

 

gallery/silhouette-144967
gallery/0
gallery/la-corde-de-mi

Novembre 2018, La corde de mi, aux éditions Art En Mots

Mai 2020, L’heure du néant, recueil à 4 mains, aux éditions Art En Mots

Juin 2020, Urbex Sed Lex, aux éditions Taurnada.

Il compte également plusieurs participations à des recueils de nouvelles au profit d’associations ou de cause humanitaire.

Apparait dans le recueil « Thrillers et Vous » avec Corvus et dans le recueil « 100 pour sang thriller, mais pas que… » avec Clémence.

Plusieurs fois finaliste sur la plateforme en ligne « Short Editions » avec « Les trois couronnes d’un roi », « Le sablier », « Le cri » et « Novaïa Zemlia »

Bibliographie

9/ Le genre Thrillers fonctionne assez bien en librairies et sur le net. Est-ce que c’est facile de se faire un nom et une place dans un segment qui ne manque pas d’auteur(e)s ?

 

Non, ce n’est pas facile, loin de là. Pour y arriver cela demande un investissement de tous les instants, surtout au niveau communication. De nos jours, je pense que le talent seul ne suffit pas ou plus. Certes il y a dorénavant plus de canaux permettant de se faire un nom, mais justement, il y aussi beaucoup plus de prétendants aux sunlights. C’est un travail de longue haleine, comme d’espérer décrocher LE contrat.   

 

10/ En votre qualité d’auteur, voyez-vous une part d’ombre, une part sombre au monde du livre et au marché du livre, si oui, laquelle ?

 

Il y a forcément une part sombre, ou du moins une part d’ombre. Un livre à une durée de vie ultra limitée sur les étagères des librairies, surtout lorsque vous ne faites pas partie du “gotha” du monde de l’édition, ce que l’on nomme les best-sellers. Le livre est devenu un objet de consommation à la durée de vie de plus en plus précaire. Une sorte d’obsolescence programmée. Une nouvelle sortie chasse l’autre, et les sorties sont de plus en plus nombreuses.

 

11/ Le lancement, la promotion et la vente d’un livre, c’est difficile, facile, agréable, incertain, fatiguant ? Comment définissez-vous ce temps passé à défendre vos ouvrages ?

 

Une fois de plus, ma réponse sera un mélange de tout ça. C’est tour à tour, difficile, fatiguant, facile et agréable. Tout dépend de la journée, de votre humeur, de vos soucis. Tout cela influence en positif ou en négatif ce genre de contrainte. Et puis cela est à mettre également au regard des moyens de votre maison d’édition dans le domaine de la communication, de la promotion. Bref, le temps passé à défendre ses ouvrages est nécessaire, je ne me pose pas la question de déterminer si cela est difficile ou facile, il faut le faire, c’est tout.

 

12/  Combien de temps vous a pris l’écriture d’Urbex Sed lex ? Ce livre a-t’il demandé plus de temps que La corde de Mi ? Si oui ou non, pour quelles raisons ?

 

Son écriture a demandé moins de temps que pour La corde de mi, comme je le disais, j’ai acquis des réflexes de travail, des habitudes, que je n’avais pas lors de la rédaction du premier. Avec un second ouvrage, on sait ou l’on veut aller et surtout où l’on ne veut pas aller, plus important encore.

 

13/ Avez-vous une part de rêve en friche ?

 

Toujours en avoir une, c’est cela qui fait avancer non ?

C’est comme ça que moi j’avance en tous les cas !

 

14/ Quel est, à ce jour, votre plus beau souvenir d’auteur ?

 

Je vous répondrais bien, le prochain, mais si je veux rester pragmatique, je dirais mes deux signatures en maison d’édition. La première chez Art En Mots pour La corde de mi, car c’est cette maison qui m’a donné ma chance, et qui a fait que mon nom a commencé à circuler. Je ne l’oublies pas même si mon envie de grandir m’a fait aller voir vers d’autres horizons. Et ma seconde signature chez Taurnada, car c’est une maison avec une vraie ligne éditoriale purement littérature “noire” et avec une très belle réputation. D’avoir signé chez eux en juillet l’année dernière m’a fait verser une larme d’émotion. Et avec le recul je me rends compte que j’ai de la chance, je n’ai pas “ramé” pendant des années pour signer comme on dit. Certes, je connais plein d’auteurs qui s’épanouissent en autoédition, et je trouve ca super courageux, mais le but pour moi a toujours été de me faire éditer. Je sais que ça ne représente pas forcément le “graal”, mais c’est quelque chose que je voulais dès le début de l’aventure, un peu un truc de gosse. On rejoint la part de rêve en friche de la question précédente non ?

 

15/ Voyez-vous l’un de vos thriller débarquer un jour sous les traits d’un long métrage pour la télévision ou le cinéma ?  Est-ce une suite logique pour vos mots derrière lesquels se développe l’imagination de vos lecteurs quant à la mise en images de vos pages ?

 

Comme je le disais précédemment, j’adorerais voir mes romans adaptés au cinéma, parce que je pense avoir développé une réelle écriture visuelle. Ce serait bien sûr une suite logique, même s’il existe plein de cas déceptifs pour les auteurs une fois leur roman adapté sur petit ou grand écran. Ca ne doit pas être facile de laisser quelqu’un d’autre réaliser cette adaptation, la peur qu’il ne saisisse pas toute l’essence de vos écrits. Quand on pense que Shining de Stanley Kubrick n’avait pas été adoubé par Stephen King lui-même on comprend un peu mieux l’ampleur de la tâche, mais cela reste un challenge que j’aimerai bien vivre dans ma vie d’auteur. Et on en revient toujours au même, il s’agit là d’une part de rêve en friche… quand je vous disais que c’était nécessaire pour avancer et persévérer !

 

Editions Taurnada

Trailer

de

 

 La

corde

de Mi

Page Facebook officielle, cliquer sur l'icone

gallery/visuelcg